‹ Bañes et MolinaChapitre 26 sur 174 · LIVRE I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — HISTORIQUE

des sourdes menées, des influences politiques, des exagérations dans les deux sens, et surtout ces dévouements ou ces animosités aveugles qui s'attachent aux noms plus qu'aux choses. Mais cesimperfections et ces misères ne doivent ni nous étonner ni nous scandaliser. Car Dieu a souvent permis des dissentiments entre ses plus grands saints, pour nous rappeler que tous gémissent ici-bas sous le fardeau delà corruptibilité. Le P. Schneemann ajoute une agréable pensée : «Dieu, dit il, travaille avec un soin jaloux les ordres religieux qui sont les pierres précieuses de son Eglise, et l'on sait que les diamants se polissent l'un sur l'autre (1) ».

A s'en tenir aux grandes lignes de cette histoire, on trouve d'abord (2) Molina publiant la Concorde en Portugal, avec l'approbation dun censeur Dominicain ; Banes se jetant aussitôt à rencontre, agissant par ses amis et ses

(2) P. 238 et seq.

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mémoires sur les inquisiteurs de Portugal et d'Espagne, redoublant d'ardeur lorsque le livre qu'il poursuit envahit l'Espagne avec toutes les autorisations officielles , et promettant à ses amis que la doctrine des Jésuites serait bientôt proscrite ; Thostilité entre les deux écoles devenant publique, s'irritant par des disputes solennelles où l'on se renvoie les accusations de Pélagianismeetde Calvinisme, et l'opinion s'agitant à cepointque l'Inquisiteur d'Espagne s'en inquiète et croit enjdevoir référer au Saint-Siège; le Pape évoquant à son tribunal « cette querelle entre les deux ordres au sujet de la Grâce suffisante et efficace», enjoignant à chaque parti d'envoyer l'exposé de son système et ses moyens de preuve, et imposant à tous les deux le silence jusqu^à la chose jugée ; à Rome, les Jésuites s^efforçant défaire porter la discussion sur les décrets prédéterminants et la science moyenne, les Dominicains restreignant la cause à l'accusation d'un seul homme et d'un seul livre ; Clément YIII, enfin, sous l'influence de conseils auxquels il donnait sa confiance, accordant gain de cause aux amis de Baùes, et prononçant l'examen juridique de la Concorde.

Tel fut le premier acte, qui se termina par un grave échec pour les Jésuites. Convoqués d'abord comme partie, avec autant de droits

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