‹ Bañes et MolinaChapitre 28 sur 174 · LIVRE I. HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. HISTORIQUE

la décision ne dépend plus que du Pontife. Mais à la vue de ce dossier volumineux, Clément recule : « Que d'écritures! S'il vous a fallu un an pour les rédiger, un an ne me suffira pas certainement pour les lire ». A cela les censeurs de répondre par une habile flatterie : Que Sa Sainteté fasse vite ; la vivacité de son génie et sa singulière érudition la dispensent légitimement de tout lire. Mais Clément avait trop de droiture d'âme pour prononcer sans pleine connaissance de cause. Il lui revient en souvenir que les Jésuites, n'ayant plus confiance qu'en lui, l'ont supplié de présider personnellement un débat contradictoire . Espérant donc en finir ainsi plus facilement que par toutes ces lectures, il se décide h appeler les deux parties par devant lui, pour les entendre et les juger en audience.

Tel fut le second acte. On peut le résumer dans cette courte phrase : De part et d'autre habile stratégie, soit pour brusquer un coup définitif, soit pour éviter un désastre irréparable. L'issue rendit courage aux amis de Molina, car c'était au moins du temps gagné.

YII

Nous voici parvenus à ces assises fameuses, cil , par devant la propre personne du vicaire de Jésus-Christ, plaidèrent contradictoirement deux Ordres religieux. En apparence, le débat ne portait que sur le livre d'un particulier; mais en réalité, et tous le comprenaient, il y allait de l'honneur même pour toute la famille de saint Ignace.

Les procès-verbaux de ces longues séances n'ont pas été publiés. On a bien colporté de prétendus actes rédigés par des mains hostiles à la Compagnie ; mais Innocent X a solennellement déclaré qu'il ne fallait pas y ajouter foi.

Je ne suivrai donc pas le P. Schneemann réfutant les assertions et les anecdotes défavorables aux Jésuites. D'ailleurs j'accorde, sans me faire prier, que vraisemblablement les partisans de Molina ont joué un rôle plus laborieux que brillant. La défensive seule leur était permise, et le choix des armes était laissé à leurs adversaires.

Ceux-ci avaient, depuis longtemps, opéré une

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