‹ Bañes et MolinaChapitre 33 sur 174 · LIVRE I. — HISTORIQUE. SI · texte numérisé non relu

LIVRE I. — HISTORIQUE. SI

tive frappait Molina. Car: 1° elle n'était pas dirigée contre les Thomistes; donc contreles Molinistes ; 2'' lors du renvoi de sa promulgation à une époque illimitée, la consternation des Dominicains et lajoie imprudente des Jésuites montrèrent bien de quel coté étaient les craintes ; 3° les Dominicains ont toujours depuis réclamé la définition^ et les Jésuites n'ont jamais demandé que la liberté.

Contre cette thèse conduite, on le voit, à la g-rande manière, les Jésuites avaientbien quelques objections. Ils répondaient : 1° que les termes du rescrit relatif à la session du 8 mars 1606 indiquent qu'il ne s'ag'issait que d'une simple consultation ; 2" que la communication Pontificale, après la session du 28 août 1607, on accordant une ég-ale liberté à chaque opinion, laisse entendre que le Saint-Siège les voyait toutes les deux du même œil; 3° que le pape Innocent X a déclaré qu'il ne fallait accorder aucune foi, nullam omnino esse fidem adhibendam, à la prétendue bulle de Paul V et aux fantaisistes histoires des congrég'ations de Aiixiliis.

Mais que peuvent contre une thèse magistrale des objections si i^\\QY\\Q?>,objectiunculœ? Billuart les réduit à néant par l'arme de la Distinction, et sa réponse à la troisième difficulté suffît à faire juger comme il manie cette arme. « On

ne doit ajouter à ces récits aucune foi, distinguo; aucune foi historique, nego ; aucune foi juridique, concedo. En d'autres termes : sans mettre le moins du monde en doute la véracité de ces récits, le Pape défend qu'on les invoque dans aucun jug-ement officiel comme pièce authentique et faisant foi. — Mais jamais ces récits n'ont eu de valeur juridique. Yenir le déclarer, alors surtout qu'on était en pleine questionjanséniste, eût donc été parfaitement inutile. — Nego conseqitens. Plusieurs attribuaient alors à ces actes une valeur juridique, afin de traîner les Jésuites déviant le tribunal ecclésiastique, et c'est ce que le Pontife a voulu empêcher par sa déclaration. »

On comprend qu'après une aussi brillante passe d'armes, Billuart puisse s'écrier avec une légitime fierté : «: Il est donc absolument faux que les Dominicains aient perdu leur procès. Le jug-ement n'a pas encore été porté solennellement, mais il est promis. Les Dominicains l'attendent encore, il est vrai, mais ils le récla-* ment de toute leur énergie. Si les Pères de la Compagnie étaient dans de semblables dispositionSjla cause serait ^ientôt terminée (1) ».

(1) Billuart, loc. cit.

Page 1