LIVRE I. HISTORIQUE. o
de la bibliothèque Borghèse, une note écrite de la main même de Paul V, Borghèse comme on le sait, 011 sont consignés les suffrages de chaque cardinal et la décision du Ponlife dans cette fameuse séance du 28 août 1607.
Cette pièce est le joyau de l'ouvrage du P. Schneemann : non seulement le texte orig-inal italien est reproduit , mais, pour parer à toute éventualité, le manuscrit est reproduit photographiquement.
Nous allons donc enfin savoir, non plus par voie argumentative, mais par un procédé vraiment historique, quelle a été la conclusion des congrég'ations de Aîtxiliis. Mais, avant de satisfaire notre curiosité, avant d'ouvrir ce précieux manuscrit, demandons une dernière fois aux conjectures ce qu'il fauts'attendre à y rencontrer.
Billuart affirme qu'une bulle condamnant Molina a été rédig-ée, adoptée, arrêtée en mars
1606. Donc, dans le conseil du mois d'août
1607, il n'a pu être question que de la promulgation de cette bulle. Certains cardinaux auront réclamé cette promulgation, d'autres auront intercédé pour les Jésuites; le Pape enfin, par commisération et pour ne pas ajouter au chagrin causé par l'affaire de Venise, aura consenti à suspendre la sentence infamante. En un mot, tous auront parlé de la bulle, tous auront
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reconnu la chose dogmatiquement jugée, le désaccord ne portant que sur l'opportunité d'une condamnation solennelle. Telle est,sijene m'abuse, la conjecture Dominicaine.
Quant aux Jésuites, s'appuyant sur le décret qui laisse libres les enseignements contraires, ils soutiennent qu'il n'a pas pu être question dans cette séance d'une bulle déjàadoptée. Le conseil a débattu la question de fond: Faut-il condamner, eiqui faut-il condamner? Certains cardinaux, au moins le Dominicain, auront poussé à la condamnation de Molina. D'autres, au moins le Jésuite, auront demandé la condamnation de Banes. Plusieurs auront donné un vote hésitant. Enfin, le Pontife aura déclaré qu'il n'y avait à condamner aucun des deux svstèmes. Telle est la conjecture qu'ont toujours mise en avant les Jésuites.
Hé bien! qu'on procède maintenant à l'ouverture du manuscrit de Paul Y. Le voici, traduit mot à mot sur l'italien, avec les négligences, les incorrections et les obscurités d'une note écrite à la hâte (1).
(1) P. 287 et seq.