LIVRE I. HISTORIQUE
28 août '1607, fête do saint Augustin, docteur de l'Église, au Mont-Quirinal.
Il a été tenu uno congrégation de Auxiliis divinœ gratiœ,à laquelle ont pris part les cardinauxPinelli, d'Ascoli, de Gibry, Bionchetto, Arrigone,Bel!arniin, du Perron, Bulfalo, de Saint-Eusèbe.
Le cardinal Pinelli opina qu'il fallait apporter plus desoins, car si trois ou quatre des consulteurs sont des hommes de valeur, néanmoins on ne peut pas se fier, dans une chose si importante, au jugement des autres (1). C'est pourquoi, qu'on fasse venir de France, d'Espagne et d'Allemagne des hommes célèbres et savants, et qu'en outre on communique l'affaire à l'Université. On pourrait, en attendant, et laissant de côlé le point principal, définir dans une Constitution quelques propositions qui n'offrent pas de difficulté et de péril en cette matière.
Lecardinal d'Ascoli :Qaedains cette affaire c'est le moment de l'enfantement, et que par conséquent le travail est plus grand. Qu'il se rappelle avoir lu dans les commentaires de Pie II qu'entre les Dominicains et les Mineurs surgit une controverse touchant le sang du Christ, etquePien,après avoir fait discuter l'article en sa présence, luij aussi bien que tous ( car tous les cardinaux tenaient pour les
(4) Comparez cette appréciation aux magnifiques éloges décernés à ces mêmes consulteurs par Billuart. Loc. cit., § 8, au commencement.
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Dominicains), ne voulut pas décider l'article pour ne pas discréditer les frères Mineurs, qui étaient utiles dans la prédication pour l'entreprise contre les Turcs.
Que, pour cette raison , il jugeait que, dans la décision qu'il disait que de toute manière on devait prendre selon le vœu des consulteurs, en approuvant la censure des 42 propositions, il fallait avoir grand soin de ne pas parler des Pères Jésuites. C'est pourquoi il tenait que, quant au point principal de la prédétermination physique, on devait faire une bulle particulière dans laquelle on raconterait que sur l'interprétation du Concile de Trente il avait surgi une difficulté entre quelques Théologiens, parce que le Concile dit que nécessairement requirilur qubd liberum arbitrium sit motum à Deo^ et que queh[ues-uns,prélendsi\eniqu.emoieatphysicè,realiter et e/ficienter, et quelques autres co«^/'Mè et moraliter, et que par conséquent, etc. Quant aux 42 propositions extraites du livre de Molina, qu'on les condamne comme contenues dans le livre de Molina (1).
Giiî'Tj fut de Tavis , que bien que la question fût difficile, néanmoins il inclinait davantage du côté qui attribuait une plus grande puissance au Bon Dieu ; mais qu'il était aussi, lui, du sentiment qu'il fallait étudier mieux cette affaire.
Bianchetto : Que des paroles du Concile, il lui paraissait qu'on pouvait tirer que, sans l'aide du
(1) Le cardinal d'Ascoli appartenait à l'ordre des FF. PP.