LIVRE I. — HISTORIQUE
Seigneur, nous ne pouvons rien faire de bon ; en pesant ce qu'il dit du don de persévérance, et une oraison de l'Église où il est dit: Sine te nihil potest mortalis infirmitas; d'où il inférait qu'il aimait l'opinion des Pères de saint Dominique. Mais pour la gravité de l'affaire, on doit prendre plus de soins, et devant d'autres cardinaux et censeurs voir si Molina enseigne les 42 propositions.
Arrigone: La mêmechose, etqu'il ne lui paraissait pas qu'il fût bon de suspendre le livre de Molina, bien qu'il l'eût d'abord pensé, ni de déclarer des propositions comme certaines et résolues, parce que non sunt multiplicanda entia inutiliter, et qu'on donnerait l'occasion aux hérétiques d'écrire contre ces propositions.
Bellarmin : Que l'opinion de la prédétermination physique est de Calvin et de Luther, et que les Pères Dominicains sont dignes d'excuse, parce qu'ils n'ont pas vu les livres des hérétiques ; queBaîies a parlé plus mal que Molina, blâmant saint Augustin dans la matière de la réprobation ; que le livre de Molina a été approuvé par deux universités; qu'on pourrait faire une bulle dans laquelle on condamnerait des propositions certaines sur lesquelles s'accordent l'un et l'autre parti, et qu'on laisserait le plus difficile^ comme a fait Célestin.
Bu Perron : Que l'opinion de la prédétermination serait trèsbien acceptée et souscrite par les hérétiques ; queCaKin l'énonça in sensu sapposito, et que in sensu supposito le concile de Trente la condamna, en disant
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simplement que l'homme potest abjicere gratiam. Il s'efforça de montrer que l'opinion des Jésuites était éloignée des Pélagiens, avec beaucoup de textes de S. Augustin , où S. Augustin montre que les Pélagiens n'admettaient pas l'illumination dansl'intelligence et la préparation dans la volonté, mais seulement la loi et la doctrine éternelles. Qu'on ne devait en aucune manière suspendre le livre de Molina, et plutôt qu'on devait suspendre celui de Banes pour les raisonsdéja dites. Qu^il fallait dire quel'affaire n'était pas terminée, et qu^on voulait faire plus grande diligence, mais en réalité ne rien faire. Qu'on traînerait ainsi l'affaire et qu'on la laisserait s'assoupir, que peut-être Dieu ferait que les partis s'accordassent et variassent moins.
Buffalo: Qu'on ne fasse pas d'autre diligence, parce qu'en le faisant on mettra le monde sens dessus dessous, et ce ne sera pas de la dignité du Siège Apostolique; qu'il lui paraît à lui qu'on devrait en venir à la définition dans un sens ou dans l'autre, ou bien déclarer que l'un et l'autre parti est probable.
Saint-Eusèbe : Que si l'opinion de l'un ou l'autre parti est hérétique, qu'on vienne à la définition ; sinon, qu'on laisse courir.
Nous : Que, touchant la grâce du Seigneur, le Concile a défini quod necessarium sit quàd liberum arhitrium moveatur à Deo, et que la difficulté est an moveat physicè vel moraliter^ et qu'il eiît été bien à désirer que dans l'Église n'ait pas eu lieu cette discussion, parce que des discordes on se jette dans