LIVRE I. HISTORIQUE
devant l'opinion un procès d'un autre g-enre, ne cessant de présenter les Molinistes comme moins orthodoxes, mo2/2.s catholiques, comme condamnables, bien plus, comme déjà condamnés in petto. C'est là ce qu'on appelle « un procès de tendance », et personne n'ignore combien sont insidieuses de pareilles accusations. Mais voici que le second procès se termine aussi brusquement, aussi inopinément que le premier. L'un s'était clos par un rescrit de Paul V laissant libres les deux enseignements; l'autre est réduit à néant par une déclaration du même Paul V, sortant pour ainsi dire de la tombe pour témoigner de seis véritables sentiments qu'on dénature. En outre, pour qu'on ne puisse obscurcir ce témoignage posthume par de nouvelles arguties, la Providence avoulu qu'un autre document le confirmât. J'ai dit que, pressé par les Bannésiens, l'ambassadeur d'Espagne avait fait en 1611 de nouvelles instances auprès de Paul V pour lui arracher une définition. Or,grâceaux heureuses recherches du P. Schneemann, nous avons la réponse du Pontife, écrite cette fois encore de sa propre main (i). Il a dit:
Qu'on avait beaucoup travaillé dans cette affaire ; Qu'il déplaît beaucoup que ces religieux procè-
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dent avec une haine si sauvage et comme enragée les uns contre les autres 5
Que nous ne négligeons pas ce sujet, mais que nous y tenons notre pensée appliquée ;
Qu'il a été sursis en cela pour trois raisons :
La première, pour bien Téclaircir, et parce que le temps enseigne et montre la vérité des choses, vu qu'il est le grand juge et censeur des choses ;
La seconde, parce que les uns et les autres s'accordente:; substanceavec la vérité catholique, savoiî'que Dieu, par l'efficacité de sa grâce, fait faire, et facit de nolentibus volentes et flectit et immutat homimim voluntates, de quoi il est question ; mais ils sont divisés seulement sur le mode, parce que les Dominicains disent qu'il prédétermine notre volonté physiquement, hoc est realiter et efficienter, et que les Jésuites tiennent qu'il le fait congrue et moraliter, op'\nions qui l'une et l'autre peuvent être défendues ;
La troisième parce que, dans ces temps dans lesquels il y a tant d'hérésies, il convient beaucoup de conserver et maintenir la réputation et le crédit de ces deux religions, et que discréditer l'une peut entraîner un grand dommage ;
Que le Pape Clément s'était repenti de s'être noyé dans cette affaire, et qu'après tant et tant d'années de disputeSj il ne trouvait plus comment en sortir ;
Que les définitions se font quand quelque opi-