‹ Bañes et MolinaChapitre 40 sur 174 · LIVRE I. HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE I. HISTORIQUE

nion est erronée ou hérétique, et non quand elle n'est pas telle :

Que nous tenons toujours en pensée cette affaire, et quand viendront le temps et le besoin, nous ferons ce qu'il sera convenable de faire, et nous publierons notre déclaration ;

Que nous n'avons pas procédé dans cette affaire ex capite nostro; que si, à l'occasion de la dispute présente, l'un ou l'autre parti émet des propositions mauvaises et dignes de censures, le Saint-Office fera son devoir

Ce discours, on le voit, n'est que la répétition de l'allocution tenue dans la Congrégation, et ces deux exposés de la pensée Pontificale sont parfaitement d'accord avec le rescrit déjà connu, par lequel les deux systèmes sont mis sur le pied d'une égale liberté. Tout se tient, tout se suit, tout est conséquent dans la conduite du Saint- Siège.

Aussi, nous tendons la main aux Pères Dominicains, et nous demandons la leur en disant : Nous ne devons plus vous être suspects après la découverte de ces précieux documents. Vos historiens avaient égaré votre zèle. Vous pouvez constater aujourd'hui d'une manière évidente que Rome nous considère, vous et nous, comme unis dans la même orthodoxie, i?î nec€ssa7nis unitas ; que Rome nous laisse libres, et les uns

et les autres, de discuter dans des sens différents des questions encore obscures, in diibiis liber tas ; enfin que Rome nous invite à conserver, dans cette recherche active delà vérité, l'esprit de charité, in omnibus caritas.

Du reste, il faut le dire, cet esprit de charité, cette paix des cœurs au milieu même des luttes d'opinion, n'avaientjamais cessé d'être de pieux désirs dans les deux Ordres rivaux. En 1596, alors que le débat commençait entre particuliers, un chapitre général des Dominicains recommandait les membres de la Compag^nie à l'amour des Frères-Prêcheurs, « malgré la divergence de sentiment ». Après les terribles luttes qui avaient ému si profondément les deux Ordres, un autre chapitre général des Dominicains renouvelait en 1644 les mêmes témoignages d'estime et d'affection. Asontour,laCompagnieprofîtait de sa congrégation générale en 1646 pourrecommanderàtouslesnôtres « le respect etl'amour que notrepetite Société doit à cet Ordre vénérable, 'lont l'institut est saint, la doctrine éminento, les actes éclatants, et qui l'emporte par l'antiquité '^.t une plus grande dignité (1) ».

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