LIVRE I, — HISTORIQUE
C'est en 1640, date funeste, queparut^^^^^^<5^/nus; mais depuis vingt ans l'intrigue s'ourdissait dans l'ombre, et la secte naissante avaitdéjà ses allures rampantes de ruses, de calomnies, de faux-fuvants et surtout de cabale. En di en e fille du Baïanisme, elle avait une horreur instinctive de la Compag-nie de Jésus ; elle mettait son art à lui créer des ennemis, et l'on a des raisons de soupçonner son influence, dès 1634, dans quelquesouvrag'esécritscontrelesMolinistes(l).
Mais lorsque les cinq propositions furent dénoncées à Rome, alors les disciples de Jansénius, pour sauver leur maître par une habile diversion, déclarèrent une guerre ouverte aux Jésuites. Ils présentent au Pape une humble supplique pour l'assurer qu'ils n'en veulent qu'à la grâce î;<?rs«ifz7e de Molina, qu'ils ne défendent que la grâce de soi efficace des Thomistes. En même temps on publie les mémoires de Pena et de Lemos sur les congrégations de Auxiliis^ et l'éditeur de VAuguslinus atteste avoir vu de ses yeux la bulle de Paul V, où cinquante propositions de Molina sont condamnées (2).
C'est alors, et je prie qu'on remarque cette date de 1634, au moment où la cause des Jan-
(1) P. 334. — (2) P. 336 et 337.
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sénistes préoccupe les esprits, pendant qu'ils sont au fort de leurs agissements pour annuler l'effet de la condamnation qui vient de les frapper, c'est alors, dis-je, qulnnocent X déclare solennellement qu'à tous ces récits, qu'à cette bulle il ne faut ajouter aucune foi, nullam fidem esse adhibendam (i); et Von vient nous dire que cette déclaration n'a pas pour but d'arracher le masque à l'hérésie menteuse, mais bien de dérober les Jésuites aux rigueurs de l'Inquisition !
(i) Voicile décret du 23 avril1654 : « Caeterum cum tàm Romae quam alibi circuraferantur quaedam asserta acta raanuscripta, et forsantypis excusa congregationum habitarum coram fel. record. Clémente VIII et Paulo V super quœstione de Auxiliis gratiœ, tam sub nomine Francisci Pegnse, olim Rotae Romanae Decani, quam Fratris Thomae de Lemos Ord. Praedic. alioruraque Praelatorum et Theologorum, qui, ut asseritur, prœdictis interfuerunt congregationibus ; necnon quoddam autographum seu exemplar assertœ constitutionis ejusdem Pauli V super defmitione praedictae quaestionisde Auxiliis, ac damnationis sententiae seu sententiarum Ludovici Molinae soc. Jes.: eadem sanctitas sua, praesenli hoc suo decreto déclarât ac decernit, praedictis Actis^ tam pro sententiâ FF. Ordin. S. Dominici quam Ludov. Molinae aliorumque societatis Jesu Religiosorum, et Autographe sive exemplari praedictae assertœ Constitutionis Pauli V, nullam omnino esse fidem adhi- BENDAM, neque ab alterutrâ parte, seu à quocumque alio allegari posse vel debere ; sed super quaestione praedicta