LIVRE I. — HISTORIQUE
mais en plaignants, et pour se défendre contre de calomnieuses adulations. A la vérité, ils ont obtenu de Clément XI et de Benoît XIII une double attestation de leur orthodoxie. Mais ces deux décrets consolateurs ont donné lieu à un troisième décret dans lequel Clément XII aflîrmc derechef que le Saint-Siège veut laisser intact l'honneur des opinions contraires (1).
Voici que de nos jours l'impulsion nouvelle donnée à l'étude de saint Thomas ravive l'humeur agressive des anciensBannésiens. Secouant leur poussière, ils réveillent des querelles assoupies, ils se portent garants de lég-endes discréditées. Est-il prudent pour eux de rappeler l'attention publique sur leur système touchant la liberté humaine ? Les temps ne sont plus les mêmes, la philosophie fataliste nous menace. Ne pourrait-il pas arriver qu'une troisième fois les Bannésiens eussent à recourir au Saint-Sièg^e, non plus pour accuser, non plus pour se plaindre, mais pour supplier?
Quant aux Molinistes, aujourd'hui comme autrefois, ils ne demandent que la liberté d'opinion sur ces matières controversées, et, se conformant aux intentions de Paul V, ils confient leur doctrine au temps, « grande g indice et censo?'e délie cose » .