‹ Bañes et MolinaChapitre 46 sur 174 · DOCTRINES · texte numérisé non relu

DOCTRINES

Puisqu'il demeure établi, par les documents les plus incontestables , que le Saint-Siège entend maintenir la balance parfaitement égale entre les deux systèmes, il n'y a plus à faire appel à l'argument d'autorité en faveur de l'un ou de l'autre. Le choix doit être déterminé uniquement par leur comparaison et par ladiscussion de leur valeur intrinsèque. Cette comparaison, cette discussion , auxquelles Banes s'était dérobé si longtemps pendant les congrégations de Auxiius, le P. Schneemann les place sous les yeux du lecteur, en exposant successivement les deux systèmes.

Mais, avant de le suivre dans xette étude, je

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ferai une remarque, qui me semble très importante.

Lorsqu'un homme, de cerveau assez puissant pour être chef d'école, construit un système philosophique ou théologique, ce système est, pour ainsi parler, tout d'une pièce. Tout dépend de quelque principe fondamental, qui tient enchaînées ensemble toutes les conclusions par les liens d'une irréfragable logique. Le vrai métaphysicien ignore les compromis entre les principes, et lorsqu'une fois il a choisi son théorème premier, il en poursuit les derniers corollaires sans se préoccuper d'autre chose que de la rigueur de l'argumentation.

Or il arrive parfois que certaines concliisions paraissent étranges, paradoxales, ou même qu'elles soient convaincues de fausseté. Alors , les disciples du Maître abandonnent ces propositions outrées qu'ils ne peuvent plus défendre, et modifient le système primitif pour le plier aux exigences de la discussion avec les adversaires. Ils ne s'aperçoivent pas qu'en enlevant quelques pierres, ils compromettent souvent tout l'édifice, et qu'après des remaniements semblables il ne reste plus qu'un assemblage sans cohésion. Encore une fois, dans un système composé par un logicien puissant, tout se tient par une nécessité de conséquence, et l'er-

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