LIVRE II. — DOCTRINES
reur dans une conclusion suffît à dénoncer l'erreur dans le principe fondamental lui-même.
Voilà pourquoi il est de si haut intérêt de connaître la doctrine primitive d'une école et d'étudier l'enseignement même du fondateur. D'ailleurs, le duel a été eng-ag-é entre Bafies et Molina. Il convient donc d'exposer la pure doctrine de l'un et de l'autre.
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Dominique Banes est, historiquement, une des grandes fig-ures d'une époque féconde en illustres théologiens. D'une part, son attachement déclaré pour saint Thomas sur qui il avait concentré ses veilles, et l'éclat d'un enseignement prolongé pendant plus de trente ans dans la principale chaire de Salamanque ; d'autre part, la sévérité de ses mœurs et la dignité de sa vie, tout lui assurait une prépondérante influence. Pour son éloge, il suffît d'un témoignage : c'est celui d'une femme que l'Eglise honore comme un Docteur dans les plus hautes voies de la théologie mystique. Sainte Thérèse, si prudente dans ses choix, l'avait pris pour
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confesseur, et déclarait qu'elle était comme fascinée par lui (1).
Que Baîies se soit signalé par une hostilité constante dans toutes les questions oii il rencontrait les enfants de saint Ignace , je l'en excuse facilement. C'est le fait de cette âcreté de sang qui a contribué à faire si grande la race espagnole. Je laisse de côté cet autre reproche d'avoir réduit la tradition catholique au seul saint Thomas, et d'avoir interprété son Docteur d'une manière étroite et par là même erronée. Ce serait m'engager dans le procès de la méthode dite Thomistique. J'arrive droit à sa théorie des décrets prédéterminants, et je reconnais là un dessin tracé d'une main ferme.
Il s'attache à considérer en Dieu la raison de Premier Agent physique. « Dieu, dit-il, étantja cause de tout être, ne présuppose rien qui soit fait par un autre, rien dont lui-même ne soit cause et par conséquent il détermine tout et n'est déterminé par rien (2). »
Yoici , certes , uq principe majestueux et puisé dans les profondeurs mêmes delà métaphysique. Baiîes l'applique donc aux actes