LIVRE II. DOCTRINES
espèce de vertu, si elle n'est efficacement déterminée à bien agir par la Divine Volonté (1) ».
Une fois bien comprise cette prédétermination physique des actes humains par la volonté absolue et efficace de Dieu, tout devient facile à expliquer.
La prescience de nos actes les plus libres n'est que la conscience que Dieu possède de ses propres décrets déterminants. « Par là même que Dieu connaît que sa volonté n^a pas déterminé la volonté créée à bien agir en matière de tempérance, par exemple, il connaît évidemment que la volonté créée péchera et défaudra dans la matière de cette vertu. Ainsi Dieu connaît tous les autres futurs contingents dans leurs causes, en tant qu'elles sont déterminées par la Cause Première. Quant au mal delà coulpe
future, Dieu le connaît dans sa cause, en tant qu'elle n'est pas déterminée par la Cause Première à bien agir (1) ».
Il y aurait peut-être lieu de demander à Banes comment Dieu connaît le degi^é àe culpabilité, la grièveté déterminée de la faute. Mais il faut nous hâter.
La j9reWes?m<2^/o?2 est un décret par lequel Dieu décide qu'il prédéterminera par un secours efficace la volonté de l'élu, pour le pousser infailliblement à une fin absolument voulue d'avance.
La réprobation est, elle aussi, un décret positif, parce qu'elle n'est autre chose qu'une sorte de prédestination. « Puisque la prédestination est, en général, la rai son préexistante en Dieu de l'ordre établi pour obtenir la fin, on doit en conclure que la réprobation est la raison de l'ordre par lequel les réprouvés vont à la fin que Dieu se propose. Cette fin est la manifestation de sa Justice Vindicative. Maispourque cette fin soit obtenue, la permission du péché est nécessaire, et, par conséquent, posée par Dieu et ordonnée à cette fin (2). »