LIVRE II, — DOCTRINES
Aussi Banes n'hésite pas à appeler la réprobation une préparation, une adaptation, une préordination à la mort éternelle (1), afin de manifester la Justice Vindicative.
« A parler exactement, dit-il, dans Tordre de la causalité finale, cette fin surnaturelle est, d'après notre manière de concevoir, antécédente à la permission du péché...., car la volonté de la fin précède la détermination des moyens pour l'obtenir (2). »
Et dans un passage que j'ai déjà cité : « Seciinda conchmo. L'acte de la Volonté Divine touchant la permission du péché des réprouvés et touchant la soustraction du secours efficace avec lequel, ou ils ne pécheraient pas, ou ils feraient punilcnce, doit être expliqué comme un diClQ affirma tif ci non pas seulement négatif. C'est pourquoi Dieu a eu de toute éternité l'acte suivant : Je « veux permettre » ces péchés, je veux ne pas donner à tels et tels les secours avec l'aide desquels ils ne pécheraient pas.
« Probatitr hœc conclusio : La permission du péché est bonne et ordonnée à une bonne fin. Donc la volonté divine veut permettre le péché.
(2) Idem.
« Confirmatiir : Puisque c'est par une intention formelle, ex proposito, que Dieu veut donner à quelques-uns des secours par lesquels ils parviendront efficacement à la gloire , on doit conclure que s'il dénie de semblables secours à d'autres, .c'est intentionnellement qu'il veut ne pas les leur donner, ex proposito vult non dare (1). »
Banesne cesse d'insister sur ce rapprochement entre la prédestination et la réprobation ; ce sont deux ordres parallèles qui ne se disting-uent que par les fins auxquelles ils tendent, savoir: la manifestation de la. Miséricorde au la manifestation de la Justice Vindicative. Mais chacun d'eux est établi par une volonté positive de Dieu. « Il tombe sous la Divine Providence que cet homme s'abstienne du péché : donc il tombe sous la même Providence que cet autre ait la permission de tomber et de pécher Dieu choisit
quelques-uns de préférence à d'autres pour leur conférer des secours efficaces. Donc, par sa Volonté et sa providence, il a discerné ceux à qui il confère ces secours, de ceux à qui il ne les confère pas. Donc la divine Providence est cause de l'effet de ce discernement, puisque cet effet n'est