LIVRE il. DOCTRINES
On ne peut qu'approuver ces adoucissements de la doctrine primitive, mais on a le droit de se demander s'ils sont autorisés par la logique.
Toute Técole Thomiste admet encore les propositions fondamentales de Bafies ainsi formulées : La prédétermination physique par la Cause Première est nécessaire pour tout acte, et, en vertu de son efficacité, il répug-ne qu'étant donnée pette prédétermination, l'acte déterminé n'ait pas lieu. — Dieu connaît tous les actes et les péchés des hommes dans sa volonté de déterminer et sa volonté de ne déterminer pas.
Hé bien ! Qu'en partant de là, on suive attentivement Bafies, et qu'on me dise à quel moment on peut le quitter sans fausser com-
si cela est, elle nécessite la volonté. Voilà une idée claire de la grâce efficace par elle-même. Mais ce qui cause ici de l'embarras, et ce qui obscurcit cette idée, c'est que les
Thomistes en nous disant que la grâce a de sa nature
une liaison infaillible avec son effet, nient en même temps que cette grâce nécessite la volonté à agir; c'est qu'ils disent que par sa nature elle la détermine physiquement, et cependant qu'elle ne la nécessite pas; que, quoique cette grâce par sa nature soit inséparable de son effet, cependant la volonté peut la rejeter, et qu'elle a un véritable pouvoir de n'y pas consentir. » (P. Daniel, De l'efficacité de la (jrâce.) Migne, Curs. theoL, tom. X, col.
pagnie à la logique ; qu'on me montre par quel vice de syllog-isme il aboutit à ces conclusions qu'on abandonne !
Il y a d'ailleurs pour tous les Bannésiens, si mitig-és qu'ils soient, une difficulté tellement inhérente à leur système qu'ils ne peuvent s'en débarrasser. Si Dieu veut et détermine d'avance qu'un acte ait lieu, comment peut-on dire que l'homme reste libre de produire ou de ne pas produire cet acte ? Sans doute, il est bon d'exalter la Toute-Puissance de Dieu ; mais il n'est pas moins exigé que l'on sauvegarde le dogme de la liberté humaine. Les Jésuites, après tout, n'ont combattu les prédéterminations physiques avec tant d'ardeur que parce qu'elles leur paraissaient inconciliables avec un dogme qu'il fallait énergiquement défendre contre les Protestants. Je ne crains pas d'avouer que plusieurs de nos théologiens avaient des opinions dures au sujet de la Prédestination et n'approuvaient pas à cet égard le sentiment de Molina. Mais tous, sans exception, tous avec Molina, demandaient à Banes : Que faites-vous du libre