‹ Bañes et MolinaChapitre 58 sur 174 · LIVRE II, DOCTRINES · texte numérisé non relu

LIVRE II, DOCTRINES

arbitre ? Comment expliquez-vous la liberté ? Hoc opus, hic laboj' est.

Pour réponse, les Bannésiens citent cette belle sentence desaintThomas: Dieu en agissant dans les natures,neles altère pas, maislesperfectionne. Donc, en agissant dans les volontés libres, il ne détruit pas^ mais perfectionne la liberté (1).

J'admire celte sentence ; je reconnais que vous l'avez toujours soutenue, et je me rappelle que Paul V en a pris acte en témoignant de votre orthodoxie. Mais c'est précisément de cette ser. <jnce queje conclus contre la prédétermination de l'acte libre, par une Volonté Divine qui rende nécessaire l'existence de cet acte. Car libre et nécessaire s'excluent.

On me répond : Il n'y aurait contradiction que si l'on opposait ces deux termes sous un même rapport. Mais, comme il a été enseigné, l'opération humaine part de deux causes : elle part de la Cause Première, oii elle puise un caractère de nécessité, parce qu'elle résulte d'un décret infaillible ; elle part delà causeseconde, et elle en part librement, puisque cette cause est libre.

— Alors, on peut également dire du même

(1) I, II. q. -10. a

102 BA5fES ET MOLINA.

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