‹ Bañes et MolinaChapitre 67 sur 174 · LIVRE II. DOCTRIXES. l · texte numérisé non relu

LIVRE II. DOCTRIXES. l

du libre arbitre : Gratia effïcax est cui consentit homo, et de nommer grâce suffisante la grâce qui n'est pas suivie de son effet, c'est-àdire à laquelle ne coopère pas le libre arbitre : Gratia sufficiens cui dissentit homo. J'ose le dire, ces dénominations ne sont pas heureuses, car elles semblent placer danslagrâce elle-même une détermination qui doit provenircependant du librearbitre. Aussi, lesBannésiensytenaientils obstinément ; ce sont eux qui les ont le plus accréditées, le plus fait valoir. Suivant eux, la grâce efficace et la grâce suffisante sont intrinsèquement différentes, entitativè diversa ; la grâce efficace contient une entité physique que ne contient pas la grâce suffisante ; ou, du moins, la grâce efficace est toujours accompagnée d'une prémotion physique qui détermine le libre arbitre à la coopération. Les Jésuites se sont toujours élevés contre une doctrine quileur semblait difficile àconcilier avec la liberté. Tous, ils ont enseigné qu'il n'y a aucune différence intrinsèque de nature ou de vertu entre la grâce qui produit son effet et celle qui ne le produit pas; en un mot, tous, ils ont soutenu que ces deux grâces sont entitativè ejiisdem speciei. Cependant, ils n'ont pas pu se débarrasser de ces dénominations regrettables, et c'est même à leur sujet que se produit la

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divergence entre les Molinistes et les Congruistes.

Suivant Molina, Dieu d'abord donne à Pierre une grâce capable d'obtenir un acte vertueux. Il prévoit ensuite que Pierre consentira ou résistera. Conséquemment, il sait si la grâce sera efficace ou suffisante. De la part de Dieu, il n'y a donc rien qui distingue la grâce efficace et la grâce suffisante. Leur différence provient uniquement de l'acceptation ou de la répulsion humaine, c'est-à-dire que ces grâces ne se distinguent que dans l'acte délibéré du libre arbitre. En termes scolastiques, ces grâces se distinguent simplement m actu secundo.

Suivant Suarez, Dieu d'abord décide par une prédéfinition absolue que tel acte de vertu sera posé par Pierre. Dieu ensuite choisit, dans le trésor de ses dons, une grâce que sa Science moyenne lui a montrée acceptée par Pierre; conséquemment il donne cette grâce précisément parce qu'il la prévoit efficace. C'est une grâce congrue, suivant la célèbre phrase de saint Augustin : Deus sic vocat, quomodo scit congruere ut vocantem non respuat.

Le P. Acquaviva, dans le décret oîi il prescrit d'enseigner le Congruisme, a expliqué d'une manière très claire les deux manières de distinguer la grâce efficace et la grâce suffisante. « La

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