‹ Bañes et MolinaChapitre 76 sur 174 · LIVRE II. — DOCTRINES · texte numérisé non relu

LIVRE II. — DOCTRINES

ces naturelles de sa grâce surnaturelle. Toutes les invitations delà nature, et, à plus forte raison, toutes les excitations de la grâce doivent être rapportées à cette Providence, qui détermine tout en moi, tout, sauf les déterminations de mon libre arbitre.

Ma vie est donc tout entière enserrée dans le réseau des actions providentielles , sans que ma liberté cesse de s'y mouvoir à l'aise. — Il ne dépend pas de moi de naître avec telles qualités et tels défauts. Mais il dépend de moi, soutenu par la grâce qui m'est toujours présente^ de cultiver les unes et de vaincre les autres. — Une dépend pas de moi de me trouver dans telles circonstances et de subir telles influences. Mais il dépend de moi, soutenu par la grâce, de céder ou de résister au milieu qui m'entoure. — A chaque point de mon existence où m'amène la résultante de toutes les déterminations antérieures, il ne dépend pas de moi d'avoir actuellement dans la volonté tel acte indélibéré, telle impression bonne ou mauvaise. Mais il dépend toujours de moi, soutenu par la grâce, de consentir ou de dissentir. — ISi les grâces divines, ni les suggestions diaboliques, ni les impulsions naturelles, ni les influences extérieures ne dépendent de moi. Mais avec ces grâces, ces suggestions, ces impulsijns et ces

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influences, il dépend de moi de mériter ou de démériter.

Pour être bref, j'appellerai, avec Molina, « Ordre Providentiel i) l'ensemble de toutes les déterminations providentielles à travers lesquelles se meut le libre arbitre d'un individu, et qui, jointes à ses propres déterminations, composent son histoire tout entière. J'obtiens alors cette formule très simple :

// ne dépend pas de t homme d'être placé dans l'Ordre où il méritera, mais il dépend de lui de mériter dans l'Ordre oii il est placé.

Telle est la formule par laquelle Molina établit la « concorde » entre la gratuité de la grâce et le mérite de l'œuvre, et cette même formule va lui servir à établir la « concorde » entre l'infaillibilité de la Prédestination et la liberté humaine.

C'est la Prescience, dit Molina, qui donne à la Providence le caractère de Prédestination, car celle-ci n'est autre chose qu'une Providence prévue de toute éternité.

Pour mieux expliquer celte doctrine, il con-

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