L. m. ■— DELA CAUSE PREJflÈRE
L'erreur des Bannésiens est d'avoir confondu ces deux ordres, et de n'avoir pas assez distingué la cause efficiente de la cause finale.
Pour démontrer la Providence Divine, saint Thomas s'appuie sur ce principe que cr tout agent agit pour une fin», et que l'intention dirige l'action. C'est déjà nous annoncer que la cause finale jouele principal rôle dans la Providence. Dieu, dit saintThomas, n'estpas seulement l'auteur de ce bien transcendental, qui consiste dans la réalité physique des créatures^ mais encore de ce bien qui consiste dans l'ordre par lequel chaque être est relié à sa fin (1). Or, je v^ous prie de l'observer , cette liaison entre un être et sa fin n'est pas une nouvelle réalité substantielle ou modale. C'est une relation^ réelle certainement, mais uniquement une relaion. Donc le rôle de la Providence, Auteur de :e bien, n'est pas précisément de produire de nouvelles réalités physiques, mais d'établir en- ,re celles qui sont déjà constituées un ordre de 'dations et de finalité. Voilà pourquoi saint Thonas voit dans la Providence nnQ sorte de Pru-
(1 ) la rébus creatis invenitur bonum, non solum quanùm ad substantiam rei, sed etiam quantum ad ordinem larum in finem. I. q. 22. a. \.
dence, et la place formellement dans llntellig-ence Divine (1) , comme Molina a bien soin de le faire remarquer. Cependant, ajoute saint Thomas, la Providence présuppose un acte de volonté, comme la prudence (2) ; car on ne s'applique à diriger une chose vers une fin qu'après avoir voulu cette fin, et c'est une intention finale qui g-uide toujours les conseils de la prudence. Ainsi donc , on doit considérer la Providence comme la raison intentionnelle de l'ordre qui contient les voies des créatures vers leur fin. Parla nous reconnaissons plus clairement que la Providence se rapporte à Dieu, principalement en tant qu'il est la Cause Finale, etqu'elle n'est pasen rapport immédiat et formel avec la Cause Première efficiente. Voilà ce que n'ont pas compris les Thomistes, et ce qu'il s'agit pour nous de bien comprendre.
La Providence, étant la raison de l'oindre par lequel chaque être est dirigé vers sa fin, contient la direction, c'est-à-dire « la détermination » de la voie que chaque être devra suivre
(1) Necesse est qubd ratio ordinis rerum infineminmente Divina prseexislat. Ratio autem ordinandorum in finera providentia est. Eod. loc.
(2) Providentia est in inteilectu, sed prcesupponit volunlalem finis. Eod, loc, ad Sum.