‹ Bañes et MolinaChapitre 98 sur 174 · L. m. — DE LA CAUSE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

L. m. — DE LA CAUSE PREMIÈRE

pour parvenir à une fin déterminée , et sous ce rapport , toutes les actions des créatures reçoivent de Dieu leur dernière détermination. Une fois que tout a été ainsi dé termi?ié àdiUis l'intelligence Divine, Dieu passe à l'exécution. Car à la Providence appartient le soin non seulement de détermi?ier l'ordre, ce qui est proprement la Providence, mais encore ^'exécuter F ordre, ce qui est proprement le gouvernement (1).

Ainsi, comme Proviseur universel, Dieu dispose et détermine la voie de chaque créature; comme Go2^?;er«ez<r suprême, il a soin que ses desseins soient exécutés.

Mais remarquez bien la subtile et importante distinction qui a, je l'ai dit, échappé aux Thomistes.

D'une part, la Providence se rapporte formellement à Dieu, en tant qu'il est Cause Finale générale et Fin des causes finales particulières; par conséquent, on doit trouver dans la Providence une influence immédiate et directe de la Cause Finale sur chaque créature. En effet, c'est la Providence qui détermine directement et immédiatement la voie par

(i) Ad providentiae curam duo perlinent, scilicet, ratio ordinis, quae dicilur providentia et dispositio, et executio ordinis, quae dicilur gubernatio. I. q. 22. a. 1, ad 2um.

laquelle chaque être sera dirigé vers sa fin. C'est à la Providence que doit être attribuée, dans l'ordre intentionnel, la détermination de tout ce qui arrive. Ainsi le professe la piété chrétienne ; ainsi l'affirme saint Jean Damascène : « Tout, dit-il, est Tœuvre delà Providence. Je dis tout, sauf ce qui dépend de notre libre arbitre (1)».

D'autre part, la Providence n'a pas un rapport formel avec la cause efficiente. Donc, il n'est pas nécessaire de rencontrer dans l'exécution des desseins providentiels une intervention effective et immédiate de la Cause Première. L'exécution du plan divin peut être confiée en partie aux causes secondes d'un ordre inférieur ; l'activité propre de ces causes suffisant à cette exécution, sans qu'il y ait à faire appel à une nouvelle impulsion du Premier Moteur.

Cette importante distinction est enseignée par saint Thomas en termes exprès : « Dans le gouvernement divin, il faut distinguer deux choses, savoir le plan de gouvernement, ratio guhernationis, qui est formellement la Providence, et l'exécution de ce plan. — Quant au plan de gou-

(1) Delà Foi orthodoxe, liv. II, ch. ?9.

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