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RES civilisés par le catholicisme : elle à mille fois prouvé la puissance infaillible de ses moyens civilisateurs; et le seul fait du Paraguay suffirail à démontrer cette puissance , cette infaillibilité des moyens employés par elle, pour la régénération des peuples.
Mais en Amérique, comme en Europe, l'Eglise trouva sur sou chemin les politiques grands et petits. Les petits avec leur immo ralité, leur eau-de-feu tuant lame et le corps des Indiens. Les grands politiques, toujours effrayés du pouvoir divin de PEglise, entravant sa puissance d'expansion, soit par la force brutale, soit par cette infinie variété de moyens hypocrites, introduits sous le manteau complaisant de la légalité, et sans tenir compte des droits du souverain législateur.
Si l'Eglise catholique compte en Amérique de beaux jours et de grands triomphes, combien de fois n’a-t-elle pas vu ses plus riches cultures ravagées, anéanties par les politiques
de l’Europe? Ses plus grands revers portent
la date du dix-huitiéme siècle. Pendant la seconde moitié de ce siècle, le Protestantisme envahit et domine l'Amérique septentrionale et, comme pour lui venir en aide, les puissances catholiques de l’Europe envoient leurs arrêts et leurs vaisseaux saisir, comme malfaiteurs et ramener captifs, en Europe, les héroïques civilisateurs de l'Amérique.
Parmi ces victimes de la politique européenne, la Compagnie de Jésus eut l'honneur de figurer au premier rang. Pombal, Choiseul d’Aranda, Tannucci et leurs complices, ont acquis des noms immortels, par la destruction des missions américaines et le fait d’avoir rendu à leurs forêts, les sauvages du Nouveau-Monde.
A l’époque où ces grandes iniquités se commettaient, l’Europe, hébétée de fausse philosophie, épuisée, avilie, comme ses princes, par les excès de l’immoralité, regarda faire et sourit aux exécuteurs. Mais alors aussi,
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D se ment des nations, punit les puissances européennes de leur crime contre l'Amérique :
successivement, on vit la France , l’Angleterre , l'Espagne et le Portugal perdre leurs plus belles possessions du Nouveau-Monde.
Notre but, aujourd’hui, n’est point de raconter en détail les châtiments de Dieu, mais seulement de publier un épisode de la persécution religieuse en Amérique. Cet épisode est la relation du bannissement des Jésuites francais de Ja Louisiane. Vingt ans après ce glorieux fait, la France ne possédait plus un pouce de terrain dans l'Amérique septentrionale. Les esprits forts, les libres penseurs verront là deux faits sans corrélation. Les catholiques, les enfants de Dieu y reconnaîtront un trait de sa Justice.
Ce Document se compose : Premièrement, de la relation du Bannssement des Jésuites, rédigée, sinon par les exilés eux-mêmes, au moins sur leurs notes, et destinée, non point à l'impression, mais aux membres de la Compagnie et à ses amis. — Secondement , de quelques Lettres inédites et postéricures à l'expulsion décrétée par les Parlements, — Troisiémement du Catulogue des Jésuites français, envoyés dans
nos colonies de l'Amérique septentrionale , de 1614 à 1739.
La Æelation nous vient de nos archives de Rome. Les Zettres ont été copiées sur les originaux , conservés à l’archevêché de Québec, par le R. P. Félix Martin, ancien supérieur de notre collége de Montréal et qui, sur pièces oflicielles , a également rédigé le Catalogue imprimé dans notre
Appendice.
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Vous nrécrivez, Monsieur, que vous avez êté surpris d'apprendre qu'il était arrivé à Paris, des lésuites bannis de la Louisiane par un arrèt porté contre eux dans cette colonie. Vous voudriez savoir les motifs de cet arrèt et tout ce qui à suivi son exécution, Je suis au fait de l'affaire qui vous intéresse et même de tout ce qui peut y avoir quelque rapport. J'ai demeure pres de trente ans à la Louisiane , el je n'en suis parti qu'au commencement de cette année. Je suis persuadé que votre curiosité n'a point d'autres motifs que votre amour pour la religicu et la vérité. Dans le récit que Je vais vous faire, je serai attentif à ne rien dire qui s'écarte tant soit peu de ces deux règles,
Au mois de Juin 1763 les Jésuites de la Nouvelle- Orléans, capitale de li Louisiane, étaient encore
entre la crainte et l'espérance au sujet de leur sort à N. 1
venir. Des l'année précédente ils avaient vu leurs ennemis répandre avec un air de triomphe des copies manuscrites de l'arrêt donné par le Parlement de Paris, le 6 août 1361. Mais des personnes respectables les avaient rassurés. [ls attendaient beaucoup de l'avis donné en leur faveur, et surtout de la priére adressée au Roi par les évêques de France. Is surent enfin à quoi ils devaient s'en tenir à l'arrivée du vaisseau qui, avec la nouvelle de la paix, portait des ordres pour leur destruction.
Sur le vaisseau était venu M. d'Albadie, commissaire général de 1 marine, et ordonnateur à la Louisiane , et avec lui M. de la Frenière, procureur général du conseil supérieur de cette colonie ; tous deux nouvellement pourvus de leur charge.—. M. le commissaire ne tarda pas à déclarer au supérieur des Jésuites ce qui se préparait contre eux. Je crois, lui ditil, que M. le procureur général est chargé de quelque ordre qui vous regarde. À qui aurait pu l'entendre c'était en dire assez, mais les Jésuites trop rassurés voulurent bien croire que malgré l'exemple de tant de Parlements de France, on ne ferait rien contre eux à la Louisiane ; et, dans un moment si critique, ils ne prirent pas là moindre précaution pour mettre leurs biens à l'abri
On commença à procéder. Il fut ordonné que
l'Institut des Jésuites serait apporté au conseil pour
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