‹ Bannissement des Jésuites de la Louisiane [microforme]Chapitre 4 sur 26 · LEFT · texte numérisé non relu

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Hlinois était un village français nommé aussi Îles Cascakias : depuis ans il y a dans ce village une paroisse qui toujours à été gouvernée par les Jésuites. Or, on ose repeter ici, de ceux qui ont ete chargés de cet emploi, ce qu'on à dit plus haut de leurs confrères en général; qu'il n'est guère de province

en France où il n'y ait encore des témoins de l'exactitude de ces curés à leurs fonctions, c'est-à-dire, à la visite des malades et au soulagement des pauvres; des térioins de leur assiduité au tribunal de la péniteuce et à instruction presque journalière des cofantss; à celle-ci il fallait encore ajouter l'instrucuou des negres et des sauvages, esclaves des Français, pour les disposer au baptème et à la réception des autres sacrements. De plus, tous les soirs, il se faisait à l'église une prière publique avec la lecture d'un livre de piété; enfin les dimanches et les fêtes on faisait deux catéchismes, Fun pour les enfants français , et l'autre pour les esclaves noirs etsauvages, sans compter la messe solennelle et les vépres qu'on chantait exactement avec le salut. Mais voici quelque chose de plus que du soin : depuis l'année 1753, 11 y a au village français des Cascakias une église paroissiale nouvellement bâtie : cette église a 10% pieds de longueur et #4 de largeur ; or, jamais

elle n'aurait pu être achevée, si Ja dépense de la l'atisse n'eut été tirée des revenus de la fabrique et

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des contributions des paroissiens. Trois Jésuites successivement curés de cette paroisse, le P. Tartarin, le P. Watrin, et le P. Aubert v ont employé la plus grande partie de ce qu'ils tiraient de leur casuel et des honoraires de leurs messes. Quand les curés ont tellement à cœur la construction et l'ornement de leur église, ilest probable que d'ailleurs ils ne manquent pas à leurs autres devoirs.

Mais voici encore une nouvelle preuve des soins que les Jésuites ont pris de cette paroisse : depuis quinze ans, à une lieue de l'ancien village, à l'autre bord du Mississipi, il s’est établi un village nouveau sous le nom de Sainte-Geneviève. Alors le curé des Cascakias s'est trouvé obligé d'v aller administrer les sacrements, du moins aux malades, et quand les nouveaux habitants ont vu leurs maisons multipliées, ils ont demandé d'y bâtir une église, ce qui leur étant accordé, les voyages du missionnaire sont encore devenus plus fréquents, parce qu'il a cru qu'il devait alors se prêter encore davantage à la bonne volonté de ses nouveaux paroissiens, et à leurs besoins. Cependant pour aller à cette nouvelle église, il fallait traverser le Mississipi, qui, dans cetendroit, à un quart de lieue et demie de largeur : il fallait quelquefois se confier à un esclave qui seul conduisait le canot ; il fallait enfin s'exposer au

danger de périr, si au milieu du fleuve on eût été

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surpris par quelque orage violent. Nul de tous ces inconvouients n'a jamais empêché le curé de Cascakias de se rendre à Sainte-Geneviève quand la charité l'y appelait, et toujours il a été chargé de ce soin jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen de placer à Sainte-Geneviève un curé particulier ; ce qui n'est arrivé que depuis peu d'années, lorsque les habitants du lieu ont bâti un presbytére. Ces deux villages, celui des Cascakias et celui de Sainte- Geneviève faisaient le deuxième et le troisiéme établissement des Jésuites aux pays des Illinois: il nest pas besoin de faire remarquer que pour remplir seulement une partie des exercices qui viennent d'être indiqués, il fallait des soins, du courage et dela constance,

\ quatre-vingts lieues des Illinois était le poste nommé de Vincennes ou de Saint-Ange, du nom des officiers qui v ont commandé. Ce poste est sur la rivicre de Ouabache, qui, environ soixante-dix lieues plus bas, se décharge , avec FOhio qu'il a joint, dans le Mississipi: 1l y avaiten dernier lieu dans ce village au moins soixante maisons de Français, sans compter les sauvages Miamis qui étaient tout proche, C'était encore là une maticre suffisante de soin et d'occupation à laquelle les Jésuites ne se sont point refusés ; c’est ce que l’on doit juger si

lon consitlére que ce poste se peuplait tous les

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