LE LI
Oise
commerciales actuellement suivies, seraient remplacées par les habitudes et les lenteurs bureaucratiques. On répondit que la Banque d'Empire fonctionne très bien quoi qu'elle soit dirigée par des fonctionnaires. Mais en pratique, les rapports adressés par le conseil de direction à l'assemblée générale sont là pour prouver que les avis du conseil central, composé d'hommes les plus versés en matière de Banque. comme Rostchild et Bleichroder sont très souvent suivis, même en dehors de éas absolument obligatoires.
f) Enfin, dit-on, il ne faut pas oublier qu’en 1870 la succursale de la Banque de France établie à Strasbourg, fut mise sous séquestre par l'autorité militaire allemande, et le sequestre eut été maintenu et les valeurs confisquées, si des réclamations adressées au quartier général, n'avaient clairement prouvé, que la Banque de France est un établissement privé et n'appartient nullement à l'État. Elle verrait, en cas de guerre, l'ennemi confisquer non seuleiment ses propres valeurs, mais encore les titres qui lui ont été confies par ses clients. On ne peut sérieusement songer à sauver, en Cas d'invasion, les encaisses considérables que détiennent les banques. A ces objections, il Fut répondu par M. de Stolberg Vernigerode et de Mirbach qu'en cas de guerre, l'ennemi ne ferait aucune distinction entre le: fonds d'une banque d'Etat, et ceux d’une banque privée. D'ailleurs, ajoutait M. de Mirbach, si les français envahissaient l'Allemagne, la banque sous sa forme actuelle
courrait de graves dangers : « Si j'étais général français,
DT) ve
dit-il, je mettrai la main sur une succursale et je la séquestrerai jusqu'au versement de la moitié de la réserve actuelle qui appartient à l'Etat. » (1) Donc, de l’avis même de M. Mirbach, le général français ne réclamerait que la partie de la réserve qui appartient à l'Etat, et respecterait la fortune des particuliers. Cela infirme la 1'e partie de son argumentation.
M. von Deschend, président la Banque de l'Empire qui a également dirigé l’ancienne Banque de Prusse, déclare que la Verstaatlichung n'aurait d'autre résultat que de diminuer la liberté de mouvement, et gèner ainsi le bon fonctionnement de la Banque. Il fait observer que si l'ancienne banque de Prusse eut complètement appartenue à l'Etat, elle n'aurait pas pu ordonner aux fonctionnaires des succursales, de ne pas s'arrêter devant le manque de forme, de rester à leur poste, et de consentir aux clients toutes les facilités possibles. M. von Deschend ne nous dit pas pourquoi l'Etat n'eut pu le faire ; il faut supposer que c'est parce que les employés de l'Etat sont moins libres, et ont moins d'initiative, et que d'autre part les clients de l'Etat sont bien moins scrupuleux.
Au nom des socialistes, M. Singer déclare qu'ils voteront pour la Banque de l'Efat.
M Bœckel, du centre catholique, convaincu du peu d'effet que les arguments les plus solides produiraient sur
(1) Pour la discussion du Reichstag nous nous sommes servi de l’analyse qui en à été faite par M. des Essarts pour la Banque de France qu’il à eu l’amabilité de nous communiquer.
une assemblée dont la conviction est arrêtée, se dispense d'en produire, mais en échange, il accable d'injures tous les partis politiques, et surtout les Juifs, et la Bourse qui, dit-il, tient en esclavage la Banque de l'Empire.
C'est un fanatique qui, sans espérer convaincre à voulu avoir le cœur net.
Nous avons exposé dans ce chapitre la formation de la Banque d'Allemagne, son capital, sa réserve, les motifs qui à l’origine ont déterminé son caractère, et maintenu ce caractère lors du renouvellement du privilège en 1889. Nousexposerons dans le chapitre suivant, son organisation
administrative.