‹ Banque de l'Empire d'AllemagneChapitre 3 sur 68 · APE · texte numérisé non relu

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pour le compte de leurs clients, et ce service dépasse de beaucoup le faible taux d'intérêt qu'en temps ordinaire elle leur accordait » (1). Le fait est que les capitaux qui vont dans les banques libres se placer à intérêt, sont ceux dont les possesseurs n'ont pas un besoin immédiat, et qui vont ainsi alimenter des entreprises à faire, tandis que le dépôt des banques d'émission sont des sommes qui attendent une échéance prochaine.

Mais, de cette belle théorie, aussi belle que fausse, qui fait sûrement honneur à l'imagination de Coquelin, retenons ceci: qu’il y a des époques où les affaires marchent à merveille, l'aisance se répand partout, l'argent pullule, tout le monde est content ; qu'au contraire, à certains moments et à des intervalles périodiques, les affaires languissent, les trésors qui semblaient inépuisables et alimentaient des entreprises nombreuses, variant des conceptions les plus simples et sûres, aux inventions les plus ingénieuses et romanesques, disparaissent. Quelle peut être la cause de la disparition du temps de crises des capitaux si abondants en la période prospère ?

Les fabricants produisent en vue de l'échange, et il est pour eux absolument indispensable de trouver sans trop de peine et trop de retard, le moyen nécessaire pour écouler leurs marchandises. Cette condition satisfaite, l'industrie est en pleine produetivité, il y a ni capital inactif, ni travail perdu. Tant que ceux qui jouissent de

(1) C. Juglar. Crises Commerciales, p. 172,

crédit achètent, les prix montent. Dans l'espoir de réaliser de nouveaux profits, les achats se renouvellent sans cesse, le crédit lui-même augmente avec l'assurance de réaliser avec profit la valeur des marchandises. Mais, dans cette marche ascendante du prix des produits favorisant le crédit, et du crédit plus facile favorisant les entreprises et la hausse des prix, il y a une limite ou faute d’acheteur, la hausse des prix s’arrête.

C'est alors que, ne voulant pas vendre en baisse, on s'adresse à la banque. Son portefeuille grandit des effets qu'on lui présente en escompte et de ceux dont on lui demande le renouvellement. A la rigueur cela pourrait encore marcher pour les engagements à l'intérieur, mais 1l y a des transactions avec l'étranger qu'il faut bien régler par l'envoi soit des marchandises, ce qui est le cas normal, soit du numéraire. Mais nous venons de le dire, la marchandise est trop chère pour être acceptée au dehors, il faut se résigner à envoyer des espèces. Prendre ces métaux dans la circulation serait trop long, on s'adresse donc à la banque ; le montant de son encaisse diminue, et ces recours à la banque augmentent jusqu'au moment où la banque se décide, en élevant l’escompte, à élever le prix du métal jaune qu’on lui demande. C'est alors que, ne trouvant plus de profit à envoyer du numéraire, la liquidation en perte commence. La baisse, limitée d’abord aux produits dont la spéculation s’était trop emparée, se généralise, Aucune grande industrie ne peut souf-

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frir sans que les autres s’en ressentent ; car toute industrie achète et consomme les produits d'un grand nombre d’autres industries. Plus la division du travail est perfectionnée, plus le mécanisme de l'échange est délicat et compliqué, et dans un système où chacun dépend d'un autre, où les intérêts sont solidaires, la perte, survenue d'un côté, réagit sur l’autre. Et cela est vrai, non-seulement pour un pays, mais pour le monde civilisé ; les marchés sont solidaires, et les crises sont générales.

La crise diminue la confiance, et par voie de conséquence, le crédit, les affaires à terme sont peu nombruses, le portefeuille de la banque presque vide, les affaires même au comptant ne se font pas, et la production est ralentie. Faute d'emploi dans l’industrie, les fonds de roulement se portent à la Bourse ; leur abondance accrue des épargnes annuelles du monde civilisé, avilit le loyer des capitaux. C'est le moment pour les eapitalistes de chercher un placement plus productif et pour les facteurs de projets d'exercer leur industrie. La spéculation reprend de plus belle, la confiance renait et se généralise, le prix des marchandises remontent et avec eux le loyer des capitaux. On croit que la période prospère durera toujours, et qu'on se trouve au début d’une prospérité qui ira toujours en grandissant. Les projets de spéculations à entreprendre et qui doivent sûrement donner de très gros bénéfices, augmentent en nombre et ingéniosité. On fonde des sociétés dont l'objet varie à l'infini, et même « dans un but qui sera indiqué quand le moment sera venu ». «(Les genssontd'’au

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