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tant plus erédules qu'ils sont plus heureux. Quand où vient de gagner beaucoup d'argent, quand on est persuadé qu'on va en gagner beaucoup encore, on se laisse bien facilement duper. On peut faire croire au publie tout ce que l'on voudra pendant un certain laps de temps, et longtemps avant la découverte de la vérité, les fripons les plus adroits et par conséquent les plus dangeureux ont eu soin de se placer géographiquement ou légalement hors de l'atteinte de toute punition. Mais le mal qu'ils ont fait va s'accroissant, car il contribue considérablement à amoindrir le crédit. » (1)
On le voit donc, après chaque crise, il y a une période de calme ; les capitaux se resserrent, la productivité est lente. Mais l'épargne augmentant annuellement la richesse du monde civilisé, contribue à déterminer une nouvelle hausse dans les prix, et par conséquent une reprise des affaires. «La criseapproche quand le mouvement se ralentit elle éclate quand il cesse. » (2) La hausse de prix fait donc que les marchandises circulent peu, et que le papier de commerce, faute de compensation, s’'accumule dans les portefeuilles des banques. La seule chose qui circule c’est le numéraire, et son drainage sous l'influence d'un change défavorable, prouve que le papier de commerce et celui des institutions de crédit, suivant en cela le stock des marchandises qu'ils représentent, ne circule plus. Il faut liquider avant de rien produire.
1) Bagheot, Lombard Street, p. 151,
( (2) Voyez Juglar, Crises commerciales, p. 33 et suivantes,
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Pour remédier aux effets des crises on a proposé des mesures différentes, selon le point de vue et la cause qu'on leur attribue. Si on l’attribue à l'excès dans l'émission, il faudra régler cette émission dans des limites étroites, pour qu'au deläxd'üne certaine somme les billets ne soient que la représentation du stock métallique existant à la banque. Tel fut l’objet de l’acte de 1844 dont l'insuffisance et Je pourrai même dire l’inutilité est aujourd’hui démontrée par la pratique.
L'abondance de la circulation fiduciaire vient non seulement de l'émission des billets de banque, mais encore et surtout du papier de commerce lancé dans la circulation par les besoins de plus en plus grand des commerçants en quête de crédit, pour mener à bien des entreprises à commencer ou en cours d'exécution, ou pour pouvoir renouveler des opérations qui leur a procuré des grands profits et dont ils n'entrevoient point la fin. S'il est certain que le crédit favorise le développement de la production et la hausse des prix, il n'est pas moins certain que la majeure partie du crédit c'est le commerce qui se l'accorde à lui-même, et que ce n’est qu'un supplément de crédit qu'il demande aux banques. La durée moyenne de l'escompte ne dépasse pas 40 sur 90 jours de crédit que les commerçants s'accordent.
Au surplus, les banques d'émission ne peuvent, que substituer leur crédit au crédit des commerçants, en émettant des billets quand une affaire a été réellement conclue,Après avoir inutilementattribué au monopole la cause
10 SE des crises, on l'a attribuée ensuite à l'excès dans l'émission et on s'est occupé mème du capital des banques.
On voudrait rendre le capital des banques disponible au lieu de l'immobiliser dans l'achat des rentes sur l'état et n'en faire qu'un capital de garantie. Le capital serait ainsi, dit-5n, un appoint pour l'encaisse m'lallique etaugmenterait la disponibilité. Mais quel faible appoint aussi que ces quelques millions de capital, rapport à la somme énorme qui se trouve dans l'encaisse ! Quand en 1857 la Banque de France par suite du doublement de son capital eut à recevoir d'assez fortes sommes (1) son encaisse ne diminua pas moins de 70 millions (2) pour les premiers six mois, somme supérieure aux versements dans ectle même période, et son portefeuille augmenta de 56 millions. Le rôle de ces versements fut done secondaire, le drainage du numéraire, sous l'influence du change défavorable à cette époque, enleva, et au-delà, la somme fournie par les actionnaires.
Dans les derniers six mois, au contraire, malgré que les « versements ne fussent que de 50 millions comme les premiers, cependant, l'encaisse augmente de 223 millions et.le portefeuille baisse de 170 » (3). La crise passait à cette époque dans sa période de liquidation, et l'affluence du
(1) 109 millions devaient être versés en quatre termes répartis de juin 1857 à juin 1858.
(2) Elle tombe de 257 à 187.
* (3) Voyez C. Juglar, crises commerciales, p. 178,
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numéraire dans les caisses de la banque dépassait de beaucoup les versements des actionnaires.
Il en serait de même si la banque voulait en temps de crise, vendre les titres qu’elle a entre les mains et ralentir l’'escompte. Comment la Banque pourrait-elle vendre, puisqu'elle est la seule à pouvoir acheter ? |
Admettons qu'une banque qui détient la suprème réserve métallique du pays, exemple la Banque de France, s’'avise de vendre les rentes sur l'Etat. Si les acheteurs de. ces titres sont des banquiers ou des capitalistes, ils en acquitteront le montant en mandats sur la banque, il en résultera' une modification dans la composition des comptes courants. Si des simples particuliers achètent ces titres, ils remettront en paiement des billets de banque, ce qui équivaut à une rentrée de ses billets au porteur. Dans aucun Cas, 11 n’y aurait rentrée du numéraire. Il arrivera même que les commerçants poussés par le désir d'acheter à bas prix escompleraient leur papier pour payer les rentes qu'ils ont achetées, le portefeuille de la Banque grossirait de cette somme. S'il est donc exact de dire que la vente de ces fonds publics, par la banque aurait pour résultat en diminuant les dépôts et la circulation des billets, de diminuer les engagements de la Banque, il faut se garder de trop généraliser, car une vente aussi considérable contribuerait à l'augmentation du portefeuille,
D'ailleurs, et c'est ici le point capital, ajouter 200 millions à son encaisse, ou diminuer de 200 millions les engagements, n’est pas indifférent. Si avec 600 millions