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volumes d'éloges en l'honneur de l'honnêteté du bas peuple, et pour
prouver les immenses services que lui rendent les fonds de prêt.
» On a dit que l'assurance de ne pas perdre provenait de la faculté accordée par la loi pour le recouvrement des prêts ; mais on peut faire la même observation pour des Sociétés encore plus particulières, auxquelles la loi accorde presque les mômes privilèges. A New Ross, par exemple, il existe depuis 40 ans une Société de prêt de petites sommes aux pauvres, et durant cet espace de temps elle n'a perdu que cinq livres. Nous pourrions, dit George Carr, produire ce fait et d'autres semblables, sûrs d'obtenir le même témoignage de presque tous les établissements irlandais de ce genre. Nous saisissons avec empressement cette occasion de louer l'honnêteté si bien prouvée du paysan irlandais. Cette preuve mérite d'être mise en évidence, car on en a douté en Angleterre et ailleurs, où prvéalent depuis long temps à ce sujet des préjugés invétérés et où on a l'habitude de juger le grand nombre d'après la mauvaise réputation de quelques individus.
» Après des recherches profondes et consciencieuses, nous ne craignons donc pas de conclure que les fonds de prêt en Irlande peuvent devenir de puissants instruments de bien et de mal selon la manière de les administrer. S'ils sont dirigés avec opportunité, ils ne peuvent manquer d'exercer une grande influence sur la condition économique, morale et sociale du peuple. Mais s'ils sont administrés sans soin et par des personnes intéressées qui veulent opérer pour gagner, on doit les considérer comme un vrai fléau, qui énerve la population voisine et provoque des habitudes d'imprévoyance et de mœurs grossières ».
Ces institutions, je le répète, ont fait en Irlande le bien qu'elles ont pu, mais les conditions de possession territoriale, le système des fermes qui s'oppose à l'améhoration de l'agriculture, ont empêché de se vérifier tous les services qu'elles auraient rendus en diverses circonstances. Quoi qu'il en soit, l'Angleterre riche, Ubre, éclairée, qui depuis des siècles gravit sans effort la voie du progrès, est le pays classique où mûrissent et s'améliorent les destinées des classes qui travaillent et souffrent.
Je conclus donc en disant que les banques de prêt anglaises contiennent le germe du futur crédit populaire.
En effet, elle prêtent sur la seule capacité morale de l'emprunteur, avec caution, et même sans caution, La caution d'abord, l'honneur ensuite, voilà les germes du crédit de l'ouvrier. Mais pour porter des
IG3 fruits, il faut l'aide des Gouvernements (i), des classes aisées et de la civilisation éclairée ; il faut que le désir consciencieux de donner la caution naisse dans l'âme du prochain, que le sentiment de l'honneur se fortifie dans le cœur de l'ouvrier, par l'instruction, par une juste distribution des travaux, des salaires, par le respect que lui inspirera sa coopération souveraine et importante à la production des richesses.
En 1848 la France accorda aux Sociétés ouvrières quatre milHons de francs. On organisa mal les Sociétés et les prêts. Une partie du capital s'évanouit et le Gouvernement a encore un crédit assez fort. On n'aurait pas perdu un centime en prêtant individuellement aux ouvriers et en intéressant leur énergie, leur dignité, leur activité. Le Français de toute classe a un profond sentiment de Vhonneur (2). C'est un tort de la part de quelques économistes de s'élever contre cette tentative, comme si l'Etat avait perdu quatre milliards. Tout compte fait, les germes qu'elle a laissés, les enseignements qu'elle a donnés, les conséquences qu'elle produira, n'ont pas coûté trop cher.
Plus loin, à propos des Banques d'avances, j'en parlerai encore, et je dirai quelque chose de la Société de l'enfance, société de prêt aux ouvriers fondée en France en 1862.
Les Sociétés amiables ou secours mutuels de Westminster prêtent aussi de petites sommes sans caution, par conséquent sur l'honorabilité de l'emprunteur.
A Zurich aussi les prêts de confiance, faits par un établissement spécial, n'ont pas besoin de caution: la probité notoire de l'emprunteur sufiit.
Dans les premières années de ce siècle-ci Dupont de Nemours organisait à Paris les prêts d'honneur.
La Société pour la visite des pauvres à Londres prête depuis quelques années sur caution de personnes solvables; le moindre prêt est de 10 schellings. L'emprunteur reçoit un Uvret, ostensible à tout moment, et sur lequel sont notés le prêt et les à-comptes payés.
(1) Les gouvernements libéraux doivent coope'rcr directement par toutes espèces d'encouragements, en ôtant les entraves, en montrant de la confiance et pas de soupçons, indirectement en excitant par tous les moyens possibles les classes pas aisées à s'entraider k s'associer pour les besoins de crédit, de consommation, de production, de vente, d'assurance mutuelle et même de louage et construction de maisons. — Voila ce que doit faire le gouvernement.
(2) Et peut être on aurait devancé les merveilleux effets des banques populaires de l'Allemagne.
La Caisse d'épargne de Bologne a pour statut de prêter aux ouvriers sans caution. Elle a déjà essayé celte opération pendant trois ans à une époque un peu critique; elle la reprendra et la ferait certainement réussir, si elle instituait à part une espèce de Société d'avances prussienne, en engageant les ouvriers à faire de légers dépôts, pour avoir le droit de trouver du crédit.
Il y a d'autres Caisses d'épargne et d'autres établissements spéciaux en Italie qui font des prêts d'honneur aux ouvriers.
Dernier compte-rendu des Sociétés anglaises.
La dernière semaine de mai 1863, le Times publiait un résumé des résultats présentés en 1862 par \es Loan Society de l'Angleterre proprement dite et du pays de Galles, à l'exclusion par conséquent de celles d'Ecosse et d'Irlande. Voici ce qu'il dit:
« Les affaires de ces Sociétés continuent à augmenter. En 1862 elles ont reçu de leurs déposants ou actionnaires, des sommes d'argent qui s'élèvent à livres sterlings 210,139; et à la fin de l'année les dettes des emprunteurs s'élevaient à L. st. 454,359. Les gains réunis de l'année, y compris non moins de L. st. 9,593 reçues pour les formalités des demandes et des informations, furent de L. st. 48,418. (Nous avons vu que ceux qui ont besoin d'argent paient pour les feuilles de demande, pour la présentation des garants, pour faire prendre des informations sur eux mêmes et sur leurs garants). Les dépenses^ d'administration s'élevèrent à L. st. 19,327.
» On versa L. 26,179, à titre d'intérêts aux déposants ou action-] naires.
» Durant l'année il y eut 179,439 demandes de prêt et on accorda] des prêts à 161,150 personnes.
» On lança 16,137 citations suivies de 1,385 décrets d'indigence,] moins du dix pour cent des citations, et de l'un pour cent des prétsJ de l'année. Les emprunteurs et leurs garants payèrent L. 3,725 dej frais »,