On prêle donc aux artistes
a) Immédiatement par sommes proportionnées à leurs garanties matérielles et morales , dans les limites de la force de la Banque, mais toujours en quantités préalablement déterminées, en parlant de l'idée d'admettre à l'emprunt le plus grand nombre de personnes possible. Quelques établissements qui avaient entrepris de prêter sur dépôt d'œuvres d'art, se virent dans l'embarras pour avoir prêté tout d'abord proportionnellement à leur valeur. Un petit nombre d'objets absorbèrent les fonds de rétablissement, mis ainsi dans limpossibilité de rendre d'autres services, et plusieurs emprunteurs se trouvèrent hors d'état de pouvoir payer leur dette. Qu'on augmente les prêts à mesure qu'augmentent les capilnux.
b) Qu'on ouvre aux artistes un compte courant pour une somme proportionnée à leur garantie dans les limites indiquées ci-dessus. Que la Banque encaisse pour eux le prix des commissions qu'ils ont exécutées, qu'elle paie leurs dettes pour fornitures, loyers, moyennant une convention expresse.
c) Que la Banque se charge des commissions qu'elle fera exécuter en son nom par les artistes ; qu'elle fasse des démarches auprès des Autorités publiques, des Corporations morales de l'intérieur ou de l'étranger pour en avoir, qu'elle serve d'intermédiaire entre les commandes et les artistes.
(V) Elle tient dans une exposition permanente les gages d'art jusqu'à remboursement complet, et même plus longtemps, au gré de l'artiste.
e) Elle fait périodiquement des ventes publiques d'objets déposés, soit par commission des propriétaires, soit par échéance de prêts, en publiant des avis préalables dans les journaux du pays et de l'étranger.
/■) Elle vend aussi par négociations particulières en dehors des enchères publiques.
6.° Pour toutes les opérations, les artistes paieront, outre l'intérêt du 5 p. /^ pour les prêts, une légère taxe destinée aux frais d'administration et à l'augmentation du capital, pour que la Banque puisse étendre ses opérations, toujours au profit des artistes (^).
7." Le Conseil de censure non seulement pèse avec soin les demandes des artistes, prononce sur l'opportunilé de leur accorder le prêt, et en détermine le chiffre d'après l'estimation des prud'hommes d'arts, mais encore contrôle l'administration de la Banque, en vérifiant, toutes les semaines, tous les 15 ou 30 jours, par règle de statut, la caisse. les registres, les titres de garantie, de prêt, etc. . .
8.° Les Administrateurs, solidairement ou sans responsabilité, selon le mode d'institution de la Banque, exécutent les décrets de la Commission de censuré, déterminent les formes-légales de la caution ou garantie, seulement dans le cas de prêt sur la capacité professionnelle et morale, ont soin du remboursement des prêts de la part des clients et de la part des créanciers de la Banque, gardent les dépôts et le patrimoine social, facilitent les ventes privées et publiques, représentent la Banque vis-à-vis des tiers et des Autorités publiques.
(1) On pourrait même faire payer pour les emprunts un intérêt plus grnuJ, comme chez les Banques d'avances, et h. la fin de Tannée donner un dividende nux membres de la Société en raison de leurs nctions;. Voir l'article 11.
9.* Pour couvrir, autant que possible, les pertes que peut faire la Société par suite de la mort ou de la maladie des artistes débiteurs de la Banque, on pourrait faire un contrat d'assurance avec les établissements qui s'occupent de ces sortes d'opérations, non pas avec ceux qui assurent après un nombre déterminé d'années, mais qui assurent contre tout risque et toute éventualité.
10." 11 vaudrait mieux se procurer les capitaux au moyen do quotes ne s'élevant pas à plus de 100 francs, et payées en quatre ans par les artistes eux-mêmes, en petits versements — au moyen d'obligations analogues à celles des Sociétés d'avances prussiennes, — en admettant seulement sur le commencement des membres honoraires avec les mêmes droits que dans les allemandes.
H.° Que l'on paie un intérêt aux bailleurs de fonds sur obligations, mais non aux membres honoraires. Que les artistes paient pour les prêts un intérêt un peu plus élevé que celui qu'on accorde aux propriétaires des obligations. Mais à la fin de l'année , tous frais payés, le reste du bénéfice est réparti entre les artistes sociétaires, ou sert à payer leurs quotes, etc.
De ces deux chapitres on pourrait déduire la nécessité de fonder des établissements analogues pour les gens de lettres et les savants si indispensables dans ce temps de transactions, de déviation dangereuse des suprêmes et plus nobles buts de la Société humaine, où on respecte le riche exclusivement sans regarder d'où vient la richesse et où les hommes de lettres et les savants sont à peine tolérés.