‹ Banques populairesChapitre 63 sur 68 · I.a iu:ii)(iracturc en colon C. n » 09,219. I · texte numérisé non relu

I.a iu:ii)(iracturc en colon C. n » 09,219. I

que. On a convoqué une assemblée de coopéraleurs dans le buL de former une Société pour bàlir des maisons pour les membres, d'après de meilleurs principes, avec un capital de 50,000 livres; celte question si souvent agilée de construire des Iiabitalions pour les classes ouvrières , les ouvriers coopérants se sont tout d'un coup chargés de la résoudre (1).

Quoique la Société de Roclidale fournisse un grand nombre d'exemples remarquables des progrès beureux de la coopération, elle n'est pourtant pas seule sur ce terrain. Lceds offre un exemple remarquable de coopération non seulement pour les magasins, mais pour les opérations concernant la fabrication et la vente de la farine. Les commencements et les progrès du moulin coopératif de Leeds sont aussi intéressants que ceux du moulin de Rocbdale. Il me suffira de rappeler que le moulin de Leeds fut établi en 1847 par un groupe d'ouvriei's, qu'il réussit si bien qu'en 1859 ses affaires montèrent à L. 54,752,1e capitale L. 11,795, les bénéfices à L. 2,207. Les bénéfices ne sont rien en comparaison de l'avantage de mettre dans le commerce de la farine sans aucune altération.

Les succès de Rocbdale, de Leeds et de quelques autres places, ont évidemment encouragé la population manufacturière du sud du Lancashire et du West Riding d'Yorksbire, et l'ont rendue sensible aux bienfaits de la coopération. L'extension et la nature des entreprises coopératives ont attiré l'attention des inspecteurs des manufactures; je vais donner quelques extraits de leur rapport publié en avril 18G0. Dans le rapport de Sir John Kincaird se trouvent les observations suivantes de M. Patrick.

« Il existe depuis douze ans à Rocbdale une Compagnie coopérative sous le nom de New Bacup and Wardle Commercial Company, Elle fut incorporée sous le régime de l'Acte des Compagnies de fonds réunis à responsabilité illimitée. Elle commença ses opérations à Clough House Mills Wardle, près de Rocbdale, avec la faculté de recueillir un capital de 100,000 livres, par actions de 12 livres, 10 schellings, dont 20,000 livres furent bientôt payées; on arriva bientôt au chiffre de 30,000 livres. Depuis environ cinq ans la société a monté une vaste manufacture, Fair Holm Mill , près de Slakstead, avec une machine à vapeur de 100 chevaux, comme complément du moulin de la maison de Clough, et à la fin du semestre qui se terminait en octobre 1860, elle a payé un dividende de 44 p. "/o sur le capital versé. Elle a maintenant élevé son capital à 60,000 livres, et elle a donné de plus vastes proportions au beau moulin de Holme à Stakslead, qui a besoin de deux puissantes machines de plus de quarante chevaux chacune, qu'on est sur le point de monter. La grande majorité des actionnaires est formée d'ouvriers qui travaillent dans la manufacture, mais reçoivent un salaire comme des ouvriers et n'ont, dans l'administration de l'entreprise, à faire autre chose qu'à voter dans l'élection annuelle du Comité administratif. J'ai visité ce matin le moulin de Holme, et je puis assurer que l'Acte de la manufacture (Factory Act) est aussi bien conduit que n'importe quel autre. Je pense, mais je ne l'ai demandé à aucun membre ni à aucun employé, que cette Société a emprunté de l'argent à 5 p. "/o d'intérêt.

(1) Et elle a ûtj rcsolue, car on a aussi maiuienaut une soclclc pour bâtir des maisons vraiment ouvrières.

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)> Il y en a une aulre dans le voisinage de Bacup, opérant sous la raison sociale Rossendale Industrial Association. Elle a monlé une manufacture, mais on dit qu'elle ne prospère pas par insuffisance de capitaux; elle est aussi formée d'après le système coopératif. Elle a maintenant changé son nom contre celui de Rossendale Industrial Company, et a été incorpoiée sous le régime de l'Acte de la responsabilité limitée avec le pouvoir de recueillir un capital de 200,000 livres: on a recueilli 40,000 livres au moyen d'actions de 10 livres chacune, et emprunté 4,000 Mvres. Cet emprunt de 4,000 livres a été fourni par de petits capitalistes en sommes de 150 à 10 livres, sans aucun gage. Quand cette Compagnie coopérative fut mise en activité, elle était toute composée d'actionnaires ouvriers. Pour compléter le Wear Mill, construit par l'Association industrielle de Rossendale, elle a acheté un moulin à Bacup, et maintenant les deux établissements sont en activité. La prospérité et le succès de la Nouvelle Compagnie Commerciale de Bacup et Wardle semblent avoir donné l'impulsion à de nouvelles Compagnies qui se forment dans mon voisinage immédiat, et préparent de vastes manufactures qui seront bientôt en activité. » M."" Patrick parle de deux de ces entreprises dont les actionnaires sont, pour les neuf dixièmes, de simples ouvriers.

M.'' Alexandre Redgrave Inspecteur explique ainsi le progrès de la Coopération: « Les Sociétés coopératives se multiplièrent rapidement, après que le Parlement eut approuvé l'Acte de la responsabilité limitée. Elles ^ont en général composées d'ouvriers. Chaque Société a un capital de 10,000 livres et plus, réparti en aciions de 5 à 10 livres chacune, avec la faculté d'emprunter des sommes proportionnées au capital souscrit; le capital emprunté est fourni par de petits prêts d'ouvriers ou de gens de cette classe. J'ai appris qu'à Bury seulement il a fallu plus de 300,000 livres pour y fonder des ateliers coopératifs, c'est-à-dire pour les bâtir, les pourvoir de tout ce qui est nécessaire, et les disposer pour le travail. Dans les filatures de coton les personnes employées sont souvent des actionnaires de l'entreprise même, qui travaillent pour un salaire et reçoivent en même temps les intérêts de leurs actions. Les propriétaires des petits ateliers de tisserands, si nombreux dans mon district, louent souvent leurs métiers à lisser. C'est un grand encouragement pour leswivricrs parce qu'ils n'ont pas besoin de capital pour commencer l'entreprise: ils achètent le fil bel et bien préparé pour le métier, tissent l'étoffe, et le travail manufacturier est fait; ou bien ils reçoivent le fil de quelque manufacturier avec qui ils font des affaires, et lui rendent sa marchandise ouvrée. Il n'y a là aucune difficulté pour acheter la matière grège, pour la mettre en œuvre avec le plus grand avantage, par les diirërents procédés de travail, depuis la première manipulation de la matière grège jusqu'à la dernière filature du fil, en passant par les cardrrs, rovcrs, drawers, jobbcrs, spinncrs, piecers, etc.... auxquels on doit soumettre le coton dans une filature: tout se termine dans l'atelier domestique avec une seule opération, celle du tissage, qui ne demande qu'une seule classe d'ouvriers. Mais ces ouvriers qui travaillent en payant un loyer sont les serfs de fpuîlque personne. Eh! bien, par le système coopératif le serf devient maître; il travaille, il est vrai, comme travaillent les autres membres de sa famille; mais ceux-ci travaillent avec lui sous son contrôle, sous son inspection, et par consé-

quent, malgré les objections spéciales opposées par ceux qui soutiennent que cela doit nécessairement décourager les petits manufacluriers, nous voyons un retour à l'ancien système de manufacture, dans lequel le maître, sa famille et les ouvriers ne formaient qu'un établissement. Mais le système coopératif ne se borne pas ei fder et à tisser le coton; il a été appliqué à divers articles de consoTumation, comme la farine, l'épicerie, la draperie, pour aider les mécaniciens et les artisans à se procurer une nourriture saine et à des prix raisonnables, et pour leur rendre un taux d'intérêt supérieur à celui qu'ils pourraient obtenir autrement de leurs petites épargnes: ce système doit rendre de grands services (1). Ses elfets sur le caractère des ouvriers ne seront peut-être ni moins grands ni moins l'emarquables. Jusqu'ici il n'y avait pas de siirelé pour l'emploi des petites épargnes de l'ouvrier. Les Caisses d'Epargne lui sont ouvertes, mais le taux de l'intérêt est trop peu élevé (2), et l'institution n'a pas de contrôle local (3); deux cboses qui ne plaisent pas aux ouvriers. On pouvait employer l'argent en le prêtant sur hypothèques, sur gages ou autrement, en achetant une cabane, une maisonnette; mais on ne peut pas employer de la sorte une petite somme. Au moyen de l'institution des Compagnies à fonds réunis à responsabilité limitée, avec 5 ou 10 livres une personne peut se procurer un intérêt élevé (je sais qu'une de ces Sociétés a payée l'année passée aux actionnaires un intérêt de 40 p. °/o), voter dans les assemblées générales pour la nomination des administrateurs ou directeurs de la propriété sociale, et pour le règlement général des affaires de l'Association. De cette manière l'ouvrier est fortement encouragé à faire quelques épargnes; il a, dans la ville qu'il habite et avec la pleine connaissance de l'entreprise, im moyen très-avantageux d'employer ses épargnes. Il a sa part dans l'administration; sa propriété sociale est reconnue et disponible comme une valeur courante. Il sera très-intéressant d'observer le progrès de ces établissements coopératifs, et la part qu'y prennent les classes ouvrières, auxquelles est ouvert un champ nouveau, qui peut avoir d'importantes conséquences relativement à leur bien-être, à l'indépendance de leur caractère. »

La note suivante des Compagnies manufacturières en activité ou sur le point de l'être, se trouve dans un mémoire du docteur Watts de Manchester, qui fât lu dans l'Assemblée sociale des sciences de Manchester (4).

Quelques-unes de ces entreprises n'ont pas eu le bonheur de réussir, mais la liste est évidemment incomplète; elle ne comprend ni la Rochdale Corn Mill, ni un certain nombre d'autres Associations. Si nous les ajoutons à la liste, et si nous faisons le calcul des plus vastes entreprises des magasins sociaux, nous pouvons

(1) Et selon mes idées et mes espérances, ce système doit en outre produire un immense avantage moral. Qui moralise la famille moralise la nation, Thumanilé.

(2) Il n'y a pas au monde une Caisse d'Epargne qui donne plus de 5 p. °/q, mais y en a-t-il une qui reçoive des dépôts de 10 centimes? Les Caisses d'Epargne anglaises, répandues partout, ont leur siège cenlral à la Banque de Londres.

(3) En Italie et dans d'autres pays où chaque ville a sa Caisse d'Epargne, il y a le contrôle local.

(4) Pour la note des Compagnies manufacturières voyer, les pages 234, 235.

affirmer avec certitude que le montant du capital que nous avons donné, savoir L. 1,088,000, n'est pas exagéré. Or, en pensant que tout cet argent, versé sous forme d'actions, a été recueilli par les classes ouvrières en leur qualité de coopérateurs, nous nous trouvons en face d'un fait vraiment étonnant. Mais en lisant les rapports ci-dessus des Inspecteurs des manufactures, nous voyons que ces Sociétés sont dans l'usage d'emprunter une partie du capital nominal; il est probable que le capital versé ne monte pas à plus de 600,000 livres (1).

Sans doute on a lieu d'être surpris que des ouvriers, dans un seul district, aient pu payer, en petits versements, une telle somme; mais on doit admettre en même temps que le système qui consiste à monter une entreprise coopérative en empruntant une partie du capital, est un sujet qui mérite une discussion sérieuse. Il est vrai que, depuis plusieurs années, par suite de la prospérité extraordinaire des manufactures de coton, les ateliers coopératifs ont réalisé des bénéfices immenses (2). Nous avons entendu parler d'une Sociélé qui a donné le 44 p. "/o, même 48 p. °/o, et par conséquent le commerce, fait avec un capital emprunté au 5 p. "/o, a rendu ces entreprises très-lucratives pour les associés coopérants. Je crois néanmoins qu'il n'y a pas d'ami du principe de la Coopération qui ne s'oppose à ce système d'opérations hasardeuses et jusqu'à un certain point démoralisantes. En un mot, le système d'emprunter une partie du capital provoque aux spéculations désordonnées, et expose à souffrir beaucoup dans le cas d'une crise financière causée par un encombrement ou une langueur de la place. Pour moi, je l'avoue, je regrette beaucoup que l'habitude d'emprunter de l'argent, sous quelque forme que ce soit, se soit introduite dans ces Associations,

Le docteur Watts, dans l'écrit dont j'ai parlé, cite quelques exemples de faillites de Sociétés coopératives manufacturières. « Une entreprise de ce genre, dit-il, se fonda à Padiham dans le Lancashire; elle fit d'abord de grands progrès, mais plus lard les ouvriers, désirant en trop grand nombre devenir inspecteurs , commencèrent à chicaner. Ils avaient employé environ 7,000 livres, et ils étaient débiteurs d'environ 9,000 livres, somme qu'avec un succès continu ils auraient eu bien vite payée. Mais, quand ils étaient en procès, un actionnaire entra pendant la nuit dans la fabrique et coupa une grande quantité des pièces qui étaient sur les métiers. Les créanciers, pour prévenir la perte dont les menaçaient ces querelles, fondirent en masse sur la manufacture, réalisèrent leurs capitaux , et les actionnaires perdirent tout leur argent. Il se fonda à Pendieton de Manchester une autre manufacture, qui, pour de semblables raisons, eut les mêmes résultats». Le docteur ajoute que, ces écueils étant signalés sur la carte du progrès coopératif, ils seront en conséquence évités avec soin dans l'avenir. Je suis d'accord avec le docteur, mais, connaissant la gravité du danger que l'on court à trafiquer avec de l'argent emprunté, je conseille de maintenir rigoureusement le principe du paiement prompt,

(1) 600,000 livres sterling valent fr. 1 5, 1 32,000.

(2) Il va sans dire qu'on parle de la prospérité qui a précédé la guerre d'Amérique. — J'ajoute ctpcndant (en octobre 1864) que la prospérité a continué toujours dan» une ui.iiùrre prodigieuse.

^'ici^ô. Banque» populairet. 40

lanl au commencement que dans le cours de la Coopération , et par conséquent de repousser l'emprunt sous quelque forme qu'il se présente.

Après avoir tracé l'histoire de la Coopération depuis sa forme la plus luimble jusqu'à la plus élevée, il me reste peu de chose à dire. Pour ce qui est des magasins coopératifs, je désire qu'on les considère surtout comme un moyen d'accumulation et de placements (1), comme une disposilion volontaire du seul fonds qui appartient aux classes ouvrières, c'est-à-dire de la masse de leurs salaires. D'un autre côté , ne considérant ces magasins que comme des moyens pour arriver à un but, si on trouve un meilleur moyen d'arriver au même but, qu'on s'empresse de l'adopter de préférence. Il peut arriver qu'au moyen des Caisses d'épargne ou autrement, un ouvrier mette de l'argent de côté, et n'ait pas besoin, pour accumuler, de recourir au procédé des stores. Dans ces circonstances, les ouvriers sont préparés à aborder immédiatement quelque méder ou quelque entreprise manufacturière dans laquelle ils peuvent s'unir et travailler avec profil. Je soutiendrais que le succès des Justes Pionniers de Rochdale prouve, à n'en pas douter, la possibilité en certaines circonstances de fonder un grand système d'épargne avec se.s conséquences sociales, par le moyen simple et modeste d'un pareil commerce.

Depuis quelque temps il s'est fondé des magasins coopératifs sur plusieurs points de l'Angleterre et de l'Ecosse. Les uns ont tenté l'épreuve et ont succombé, d'autres continuent à vivre, deux cents peut-être. Mais comme il y en a qui existent depuis plus de cinquante ans , il peut sembler étrange qu'on veuille appeler sur eux l'attention publique, comme s'ils étaient de date tout à fait récente. 11 est inutile de dire qu'il y a moyen de faire bien et mal toute chose. J'ai exposé les différentes conditions dans lesquelles on peut établir avec profit des magasins coopératifs, et par la considération de ces principes nous pouvons comprendre, avec une certitude presque complète, les causes d'un insuccès complet et partiel. Dans certains cas, c'est l'indifférence; dans d'autres, la mauvaise administration. J'ai entendu parler d'un magasin coopératif qui commença avec un grand enthousiasme et qui tomba ensuite, parce que les membres n'y achetaient que rarement. Je suppose, et c'est

(1) Je vais aciieteç à fr. 1,30 le Kilogramme de la viande que le magasin coopératif a acheté en gros a fr. I,i0 le Kilogramme: c'est comme si je mettais à la Caisse d'épargne 20 centimes. On peut en dire autant du vin , de tout ce qu'on acliète dans les magasins coopératifs que j engage les ouvriers italiens à fonder. Supposons un ouvrier qui gagne 3 francs par jour, rr 300X'^ =^ 900 fr. (en supposant 300 jours de travail) j c'est ce qu'il gagnera par an. S'il n'appartient pas à une Société coopérative, il dépense ces 900 fr. pour ses besoins et ceux de sa famille, et à la fin de l'année il doit peut-être aux boutiquiers qui le regardent de travers , le poursuivent, lui donnent des marchandises encore plus mauvaises et peut-être malsaines. Si, au contraire, il appartient à une Société coopérative, en prélevant 200 francs de loyer (le sloyers diminueront avec le développement des Sociétés coopératives et des Associations qui bâtissent des maisons pour les ouvriers), s'il va au magasin dépenser 700 fr., il recevra tous les trois mois, outre une excellente marchandise , au moins 20 p. "/g de bénéfice , ce qui formera son action, son capital, et, je le répète, un mendiant a en lui le pouvoir et les moyens pratiques de devenir capitaliste, s'il veut s'élever à la dignité d'iiomme. Et je répète encore que les Sociétés d'avances prussiennes et la coopération anglaise renferment le moyen non seulement de détruire le paupérisme, mais d'élever les classes ouvrières les plus scrviles, les plus misérables, au bien-être, à l'inteltigencc; à la moralité, à l'émancipation civile, économique, politiquo.

le seule explication raisonnable de celle folle conduite, que les membres, qui manquèrent à leurs obligations , le firent pour n'avoir pas eu la force de persévérer dans le système de payer comptant, et, qu'à mesure que leur enthousiasme se refroidissait, ils retournèrent aux anciennes boutiques, attirés par la déplorable facilité d'acheter à crédit. Si l'on veut rester dans celle voie, il est inutile de s'embarquer dans la Coopération. D'autres cas de chùlc partielle furent dus à ce qu'on ouvrit deux ou trois magasins dans un endroit où un seul suffisait, ne fût-ce que pour réduire les frais; d'autres encore furent dus à une mauvaise administration, comme, par exemple, quand les membres du Comité, en prenant à crédit dans leur magasin coopératif (1), firent faillir l'entreprise; j'ai aussi entendu parler d'administrateurs qui se sont enfuis avec la propriété de l'Association. Les faillites causées par de semblables raisons furent si fréquentes, que dans certaines parties du pays les magasins coopératifs acquirent une mauvaise réputation. Si donc, dans un lieu donne, les classes ouvrières sont capables d'administrer les affaires avec la sagacité des ouvriers de Rochdalc, c'est une question qu'on doit leur laisser décider. Si elles se sentent indifférentes, portées à la chicane, aux querelles, aux disputes par le désir de dominer; si elles veulent se tromper ou de toute aulre manière ne pas se comporter convenablement, elles feront mieux de ne pas songer à la Coopération. Sans parler des causes ordinaires d'échecs partiels, ni de la voie bornée et obscure par laquelle les magasins furent conduits, je crains bien que la faute la plus grave ail clé de ne considérer les magasins coopératifs que comme un moyen d'avoir des articles de consommation un peu meilleur marché et de meilleure qualité que ceux débités par les boutiquiers de classe inférieure, et peut-être aussi comme un moyen de faire un petit bénéfice à recevoir périodiquement et à consommer. Ayant un jour fait une demande à ce sujel, touchant un magasin bien dirigé d'une ville de campagne de l'Ecosse, l'administrateur me répondit: «En examinant les livres de la Société pendant ces vingt dernières années, j'ai trouvé qu'on a payé en dividendes aux actionnaires la somme de L 7,200, une moyenne de L. 350 par an, somme qui a dû rendre de grands services aux classes ouvrières d'une si petite ville ». Je ne veux pas conlesler qu'un rendement de L. ."350 par an à une masse d'acheteurs d'une humble position ne soit une chose excellenle en elle-même. Mais ne voir dans ces établissements d'autre but que celui de partager des profils, c'est manquer complètement au principe de la coopération accumulalive, qui accroît maintenant les ressources financières et élève la position sociale des ouvriers de Hochdale. En effet, en suivant cet usage de retirer ou de consommer les bénéfices, usage qui semble généralement prévaloir, on prive le système des magasins coopératifs de SCS avantages les plus élevés. Si les explications que j'ai données avaient la vertu de dissiper ces erreurs radicales, je serais heureux; je ne les aurais pas données en vain. Je désire vivement qu'en chaque endroit on adopte la Coopération sous quelqu'une de ses formes, qu'on fasse lous les efforts possibles pour l'étendre par l'accumulalion naturelle des dividendes et des profits réalisés sur les achats, car,

(I) Comme ces adiiiiiiislralciirs ilc {{raiulrs Ban |iirs qui sn servaicnl, dr Par^cnl du Irav.iil pour se lancer dans des oix'ralions démesnr.'cs (|iii, siirloiil eu 18.J7, cnlraliicrciil {dusiciirs claidisscrncnls de rrédil il la niiiii', à I.i faillite.

hors de celle manière large de procéder, l'enlreprise, tout en prospérant, tendra toujours à s'arrêter à Véinl où elle était la première année de sa naissance, et, à la fin de leur vie, les membres ne se trouveront probablement pas dans une meilleure position qu'au commencement de leur Coopération.

Voici les conseils donnés aux nouvelles Sociétés dans une page de l'almanacli publié par les Justes Pionniers de Rochdale:

i. Se procurer l'autorité et la protection de la Loi en se faisant inscrire sur le grand livre du Chancelier (I).

2. Pour le choix des employés et des administrateurs, tenir compte de l'intégrité, de l'intelligence, de l'habileté, et non de la richesse ou de la distinction.

3. Que chaque sociétaire n'ait qu'un vote, et qu'on ne fasse nulle distinction relativement à la somme de capital qu'un membre peut avoir versée (2).

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