‹ BaonlChapitre 10 sur 22 · PERSONNAGES · texte numérisé non relu

PERSONNAGES

'\ Américains bruns, — fils de Minha, Almiri, )

Don Fernandès, — colon espagnol, — père de Zoraïdo.

Diego, — confident de don Feriiandès.

Magua, — vieil esclave.

Uncas, \

\ esclaves.

Seliko, )

Mirrha.

ZoRAÏDE, — blanche, — éleve'e par Mirrha.

LoYSE, — confidente de Zoraïde.

CoRA, — esclave, — femme de Uncas.

Esclaves des deux sexes.

Domestiques blancs.

Troupes espagnoles.

(La scène se passe, — au premier acte, au milieu d'une forêt, dans les deux autres, sur l'habitation de Fernandès.)

Raoul avait fait de la couleur locale, — au moyen d'une trentaine de mots retenus au hasard, — palmiers, bananes, savanes, bambous, etc.; — mais il ne savait pas plus les mœurs de ces pauvres arbres que les mœurs des Espagnols et des Américains. — Il jouait lui-même tous les rôles, — comme le directeur des théâtres de marionnettes, en changeant sa voLx de son mieux , — c'est-à-dire que tous ses personnages n'étaient que des personnifications de ses idées à lui. — De même son paysage était pris sur quelque paysage normand ; — il remplaçait les pommiers par des palmiers, — les roseaux des mares par des bambous, etc.

Il n'y avait au fond de tout cela de vrai que les deiLx amours, l'un pour Marguerite, l'autre pour la liberté. — Fernandès était peint d"après son professeur de quatrième, qui l'avait en son temps écrasé de pensums. — Marguerite avait posé pour Zoraide ; — mais Raoul ne connaissait pas plus Marguerite que Zoraide. — Marguerite était pour lui — ce chêne auquel les Gaulois attachaient tant de riches dépouilles et d'offrandes précieuses, qu'il finissait par mériter une partie des hommages qu'on lui avait rendus d'abord. — Certes, Marguerite était une ravissante et poétique créature, — mais c'était par hasard qu'elle était telle que Raoul la voyait ; — elle eût été tout autre, — qu'il l'eût vue néanmoins comme il la voyait. — Cependant il fallait

qu'elle réunit les quelques conditions nécessaires pour ne pas rendre impossible le rôle idéal qu'elle avait à jouer; — il fallait une grande douceur dans le visage,

— quelque chose de frôle et de chaste dans les formes.

— Ainsi Esther, qui était une charmante fille également, — ne pouvait cependant jouer ce rôle, — tout en étant très-capable d'en jouer un autre aussi ravissant.

— Elle avait des formes trop développées, — trop de \ivacité mutine dans le regard et dans les gestes. — Et, de plus, elle avait sur la lèvre supérieure l'ombre h peine visible d'un léger duvet.

Revenons à la tragédie.

Page 1