‹ BaonlChapitre 6 sur 22 · RA01:L · texte numérisé non relu

RA01:L

rie vos pas doit maintenant vous rapprocher rie votre but. — Il faut être assiriu au collège.

Raoul fit un geste de dédain.

— Je vous gronde, Raoul. — Certes, pour vous, pour Marguerite, pour nos projets, il vaudrait mieux que vous ne fussiez plus au collège ; mais vous y ôtes, et il faut que ce temps ne soit pas perdu. — Ce sont, disent les savants, des armes dont vous apprenez à vous servir pour les combats de la vie. — Je ne sais s'ils ont raison, et si celte éducation est aussi parfaite qu'ils le disent, mais ce sera au moins un préjugé en votre faveur. Vous devez terminer vos études comme vous les avez commencées, par ries succès. Maintenant que vous êtes fiancés, que vous pouvez et devez compter l'un sur l'autre, vos devoirs vont commencer. — Vous, Raoul, vous n'écrirez plus à Marguerite, vous n'essayerez plus de la rencontrer seule au jardin — Vous vous contenterez de la voir le dimanche chez son père, — et vous n'oublierez pas que « vous êtes son frère, jusqu'à ce que vous soyez son époux ; » vous me tiendrez au courant rie vos affaires, rie vos riémarches, rie vos succès, rie vos chagrins. — Je riirai à Marguerite ce qu'elle rievra savoir. — Embrassez-vous, mes enfants, ce baiser vous engage l'un à l'autre. — Marguerite, tu appartiens à l'homme dont les lèvres ont touché les tiennes; — tu ne pourras sans honte et sans infiimie appartenir à un îiutre. — Vous vous donnerez le second baiser dans cinq ans, lorsque Raoul viendra te demander à ton père. Maintenant, Raoul, adieu! — Emportez d'ici la pensée que vous êtes maintenant un homme,

7S r.AOl'L

et que la destinée de deux femmes s'est enchainée à la vôtre.

Nous allons maintenant abandonner nos pei;; -inaqes à eux-mêmes pendant deux années, et nous continuerons noire récit après avoir expliqué sommairement les changements qui sont arrivés dans l'existence de chacun.

M. Desloges est mort. — Madame Desloges s'est retirée en province chez un de ses frères, qui a recueilli la veuve de l'artiste mort pauvre. M. et madame Mandron continuent à se s'iirjner liouv Calixte. M. Mandron peint toujours des ceps de vigne et des hures de sanglier. — Calixte Mandron, après avoir abandonné la peinture, a fait semblant de faire son droit; il a bu, mange et joué l'ar^'cnt de ses examens successifs ; — ses parents le croient avocat, et il n'a jamais mis les pieds à l'école de droit qu'une seule fois, et un jour qu'on sifflait un professeur et qu'on lui jelait despommes que les gens indulgents appelaient des pommes cuites. L'oncle Desfossés n'est plus abonné à son ancien journal, il le trouve trop pâle, et a pris un journal plus téméraire. La tante Desfossés tricote; leur enfant est de plus en l)lus insupportable. — Félix fait sa seconde, toujours au collège Bourbon. — Alice grandit. — Sa sœur lui donne tous ses rubans, tous ses bijoux, comme elle lui

Page 1