‹ BarabbasChapitre 13 sur 34 · ETOILES FILANTES · texte numérisé non relu

ETOILES FILANTES

vaines, car les fidèles qui passaient devant lui, l'amnône prête, ne la lâchaient plus après avoir dévisagé le nouveau venu, et disaient, eux aussi : « Ce n'est pas notre pauvre ».

Pas besoin, en vérité, d'instructions préfectorales Le Vilain Homme regarde derrière lui,

autour de lui et ne voit que des gardes champêtres.

On parle, cependant, île refuges inviolables, d'asiles

sacrés — C'est à vérifier. Justement, aujourd'hui, la

route est longue, le pavs plat, le soleil meurtrier.

Un voyage à pied est une agonie. La chair fond comme une cire enflammée.... Pas un arbre, pas

un abri. Rien ([ue la terre bridante et le ciel « radieux ' Si... voici un village, enfin! Et voici

l'église Le Vilain Homme, exténué,

\ entre, Cl'est une cave délicieuse, taillée dans le roc; on v respire; le corps tout entier n'est plus qu'une bouche qui se désaltère, une plaie sous les compresses, un fruit dans la glace —

Mais un jeune prêtre surgit, brusque et soupçonneux :

(( Qu'est-ce que vous faites-là, il y a cinq minutes que je vous observe.

Yous ne priez pas —

— En eflét, répond le Vilain Homme, je me recueille seulement, au frais.

— Il est, pour la sieste, d'autres endroits que celui-ci, reprend le curé.

— Sans doute. J'aimerais mieux un bois que celte nef, des chaises que ces piliers, une source que le

bénitier et un banc de gazon que la chaise au nom de la femme du notaire. Mais, hélas! je n'ai pas eu le choix

KIOILKS II I. A > TE S 97

— Alors, ordonne le serviteur de Dieu, laites-moi le plaisir de déguerpir.... Sais-je, moi, si vous n'êtes pas venu fracturer le tronc pour les pauN res? Deux fois déjà l'église a été dévalisée par vos pareils. Allons, ouste! »

En se retirant, le Vilain Homme lève les veux vers un (-hrist, aux pieds saignants aussi, que l'on met au linceul.

Et le A ilain Homme dil au curé qui l'a sui%i :

« La croix que |)orlait votre Maître est descendue sur mes épaules, mais vous ne la voyez pas. ]î,lle me blesse e( ce sont toujours ses blessures à lui que vous pansez. C'est de votre faute, prêtre, si Celui-là n'est plus des nôtres et si nous ne sommes plus des siens. »

Il sort. Il y a, au flanc de l'église, un petit cimetière sans ombre cl calciné. Un fossoyeur y creuse une tombe, et, zélé, s'interrompt pour rencliérir sur son patron.

ce Vous n'allez pas rester ici, maintenant — Cbercliez-vous des couronnes à \olci?

— .le ne veux pas plus en voler que je n'en veux

remettre, dit le Vilain Homme. Il y a assez de mensonge et d'hvpocrisie sans cela snr les sépultnres.

— Enfin, vons n'avez point de mort ici, n'est-ce pas?

— J'en ai ici autant qii'aillenrs, j'en ai partout, et dans n'importe quel cimetière, un jour, je serai chez moi, malgré vous ».

Chassé des squares, des jardins publics, des musées, des églises, des cimetières, le Vilain. Homme continue de traîner sur le gril sa viande noire et desséchée.

]\Iais le soir vient enfin, d'est un soir admirable et pur. Le Vilain Homme s'assoit au bord de la route et rêve.

Des milliers d'étoiles fidèles percent l'étofié inusable du ciel, et voilà, soudain, qu'elles se mettent à pleuvoir. C'en est une, puis une autre, puis une autre encore, qui se détachent, filent et tombent à l'abîme. Où vont-elles? Vont-elles luire ou s'éteindre ailleurs? Qui le sait? Qui j)()urrait dire ce qui se passe ce soir, là-haut, et pourquoi tant d'étoiles sont démissionnaires?

Il en regarde une, brillante, et qui disparait a son

K roi LES FILANTES

tour, vertigineusement, (lomment eeciel impassible, (l'une insolente sérénité, n'en fut-il pas égratigné?

Et tel est le silence, (jue la nuit aux écoutes peut entendre le Vilain Homme murmurer, triste d'une tristesse aux causes profondes :

ce Est-ce curieux Il suffit que j'en fixe une, pour

qu'elle f. .. le camp!... »

MILiOTH^CA OttMrfMa»

PAROLES DANS LA VALLEE

L \) H . Lan huit Bùamuda :

1. Bienheureux ceux qui n'obtiennent point Justice lis se feront Justice eux-mêmes.

2. Bienheureux ceux qu'on exputse de teur togement ta maison S)a s'effondrer.

PAROLKS DANS LA VA F. LE F

5. Bienheureux les borgnes et les êdenlés, s'ils ont rendu œil pour œil et dent pour dent.

4. Bienheureux ceux qui ne trou-^ent pas de place à l'asile de nuit; ils béniraient la société qui leur assure <( quelques heures de repos ».

6. Bienheureux les indigents : ils .sont détestés pour eux-mêmes et re.ssu.scitent chaque Jour d'entre les ^^i-Oants.

6. Bienheureux ceux qui frappent à la porte et auxquels on n'oui}re pas : ils entreront .sans frapper.

y. Bienheureux le paral'^tique auquel on dit : Le-^ez-^ous! et qui ne .se lè-Oe pas. Le miracle con.si.ste non pas à faire marcher ce malheureux, mais à lui prendre .sa place.

5. Bienheureux les in.soumis : ils n'entreront dans aucun royaume.

LVIII. L'Eglise réproui^e le .suicide et admet la guerre, féau de Dieu /Et pourtant la guerre est le .suicide

PAROLES DANS I.A \ALLEK

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çolkdif d'une massa d'hommes qui pourraient refuser de se battre et qui se précipitent ^otontairement au-dei^ant de la mort, aS)ec cette circonstance aggrai^ante qu'ils ne la recourent pas seulement, mais qu 'ils la donnent aussi

LIK. Que reprocbez-i^ous au chemineau? Ne fait-il pas des pieds et des mains pour Sii^re?

LX. Désire peu de chose, mais ce que tu as désiré, obtiens-le coûte que coûte : c'est ton dû.

LKI. Mon n^erre n'est pas grand..., mais je ne bois pas dans mon -Oerre!

PAHOLKS DANS LA \ ALLÉE

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