AVEC SUJETS VIVANTS
Entrée libre.
Je passais. Il picuvail, il faisait froid, le spectacle était gratuit,... j'enlrai. J'entrai dans une salle qu'un adroit metteur en scène avait transformée en Paradis des enfanls... \enus avant lerme.
Ils étaient là une deini-dou/.aine. Au-tlessus de la
cage de verre où chacun d'eux vagissait, le nom d'un bienfaiteur de l'œuvre était inscrit en lettres d'or. On pouvait se croire dans un de ces hô|)itaii\ que la liourgeoisie présomptueuse ou repentante gratifie de fondations en faveur des victimes qu'elle a faites. Mais ici, l'ironie était vraiment de qualité supérieure. Rien de plus édifiant que la protection de ces fortunes s'étendant sur les êtres qu'elles opprimeront plus tard. On était presque autorisé à penser qu'elles ne les sauvaient que pour cela. Clar, à n'en point douter, ces pitoyables jouets, ces échantillons de rebut, étaient loués à des fdles-mères ou à des menasses indioents. Il ne manquait qu'un orgue de Barbarie devant les vitrines, pour solliciter l'attention et l'aumône des passants. Une sœur de charité eût, d'ailleurs, rempli le même office; mais elle eût coûté plus cher. La reliofion est l'oroue silencieux des œuvres riches. Elle n'a pas besoin d'émettre des sons pour faire recette ; et le crucifix couvre la marchandise.
Quoi qu'il en soit, l'exposition des phénomènes qui mijotaient dans leurs serres chaudes, m'inspira ces réflexions que je leur dédiai :
u Pauvres petits éléments d'humanité, pauvre petite