‹ BarabbasChapitre 27 sur 34 · DES VIEUX FIACRES · texte numérisé non relu

DES VIEUX FIACRES

LS étaient six qui se morfondaient, à la file, pendant (jue les cochers prenaient leur repas à la gargote d'en face

Us étaient six à la fde

J.e premier dit : « Les chansonniers grivois et les auteurs de revues ont vanté l'accueil propice de l'hôtel borgne aml)ulant que je suis. Us ont détaillé, avec quelle complaisance ! les promenades, stores baissés, du vieux monsieur et de la jeune dame ; ils ont grossi le numéro tracé sur la lanterne trouble qui me signale comme l'entrée d'un mauvais lieu; ils ont célébré les ébats, hue dia, hop là, auxquels se prête, à l'heure, mon cabinet noir d'arrière-boutique à soldats; ma chambre de boinie, meublée du strict

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nécessaire : lit trop étroit et trop court. Tout cela pourtant n'est pas gai. Mes confidences, au contraire, si tu les entendais, t'empliraient de tristesse et de dégoût. Je suis un réceptacle de turpitudes, une boîte à ordures le long du trottoir. Méprise-moi, je le mérite; mais plains-moi aussi. Vois comme je suis fatigué, laid, maussade; comme je m'eflbrce de décourager, par mon aspect repoussant, les amours sans gîte; comme j'aspire au voyageur seul, diligent et préoccupé, qui m'habite l'espace d'une course, et dont les faiblesses, les curiosités et la voix me demeurent inconnues. Mais c'est en vain. Plus je suis gémissant et sordide, plus ils veulent de moi. Ma crasse est le ragoût de leur concupiscence et ma lenteur même leur répond du plaisir. »

Ils étaient six qui se morfondaient à la file, pendant que les chevaux, sur leurs jambes en mie de pain, reniflaient, dans la musette attachée à leur cou, une avoine marchandée.

Ils étaient six à la fde

Le deuxième dit : « Les romanciers m'ont mieux compris. Je suis le refuge des adultères, la maison à double issue, la maison roulante qu'on fait suivre et

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