F. LAURENTIE. Op. cit., p
l'influence d’Edelestand du Méril sur lui. Mais il est, dans la même maison de Valognes, une autre influence qu’on a négligée et qui nous semble cependant avoir été non moins profonde, c’est celle de son oncle, le médecin Pontas du Méril — influence philosophique, celle-là, influence médicale, qui, si nous pouvions percer un certain mystère qui l'enveloppe, nous livrerait la clé de l’évolution intellectuelle de Barbey d’Aurevilly et nous expliquerait le sens exact de sa lettre à Trébutien : « Vous savez que je suis médecin. » : |
Malheureusement, on possède fort peu de renseignements sur « le docteur du Méril ». Il n’existe aucune notice biographique sur lui. Nous avons fait des recherches, et des amis en ont fait pour nous’. Voici tout ce Ru nous avons trouvé :
Jean-Louis-François Pontas du Méril naquit à Cherbourg le 17 mars 1753, de Jean-Baptiste Pontas-Duméril et de Françoise Lepelley. Il fit ses études à Caen et fut reçu d’abord maître ès-arts, puis il s’inscrivit à la Faculté de Médecine de l’Université de Caen et soutint sa thèse de bachelier en médecine le 22 juillet 1773.
Grâce aux imdications de M. R.-N. Sauvage, l’aimable et savant archiviste du Calvados, nous avons retrouvé la thèse de Jean-Louis-François Pontas du Méril. Elle figure au tome IIÉ du recueil des thèses de l’ancienne Faculté de Médecine de Caen, conservé à la bibliothèque de la ville de Caen.
Sur la première page, au-dessous de la dédicace à Dieu, à la Vierge et à Saint Luc, patron des médecins orthodoxes, dédicace commune à toutes les thèses, figure la mention suivante :
Quaestio medica, publicis agitanda disputationibus in scholis medicorum celeberrinæ cadomensis academice, pro baccalaureatus gradu consequendo.
M. Petro Le Canu, regio medicinæ nine præside.
22 juillet 1773.
Le sujet de la thèse est le suivant :
1. En particulier, M. Charles Giot, notaire honoraire, secrétaire de la Société nationale académique de Cherbourg.
Anh ab inflammatoria sariguinis spissitudine ut plürimum Jebris ardens? (Est-ce qu’ une extrême condensation inflammatoire du sang produit une fièvre ardente?) On dirait aujourd’hui : une épaisse viscosité sanguine cæuse-t-elle de
l'hyperthermie?
__ À quoi le candidat répond, : après six pages de dissertation latine, et non sans avoir invoqué l'autorité des « très illustres docteurs philosophes Huxham et Boërhaave », comme d’ailleurs celle de Gorris et de Tossi, par cette conclusion affirmative :
Ergo ab inflammatoria sanguinis $pissitudine ut plurimum febris ardens.
Et ül signe :
J.-L.-F. Ponras-DumÉriL Caroburgaeus, artium magister, theseas author.
La thèse indique enfin les noms des professeurs de la - Faculté de Médecine de Caen. Les trois suivants figurent à part, au-dessus des autres, comme s'ils avaient formé le jury de thèse, avec Pierre Le Canu, président, désigné à la première page : Charles-Nicolas DESMOUEUX”, Jean-Fran- çois-René de PARFOURRU, Tussan DéscHAMPs. %
La thèse est imprimée « à Caen, chez J.-C. Pyron, seul imprimeur de l’Université ».
Dans lé livre du cinquième Centenaire’ dé l’Université de Caën (1432-1932), nous relevons dans la notice consacrée par le D' Desbouis à l’histoire de l’Ecole de Médecine et de Pharmacie de Caen, héritière de l’ancienne Faculté, ces détails intéressants : |
« Pour se présenter au baccalauréat en médécine, il faut trente-six mois d’assiduité. Cela représente trois ou quatre ans de scolarité, car le statut dit formellement que l’année