Ch. BuET, op. cit., p
une révélation, fait honneur à l’oncle et au neveu qui avaient l’un pour l’autre autant d’admiration que d’affection. {
Seulement, la perte de la foi a pour Barbey des conséséquences intellectuelles et mentales que M. Paul Bourget a démontrées d’une facon pénétrante et lumineuse, avec son magnifique talent d’analyste et, lui aussi, de médecin! :
« Byron et Alferi, devait-il (Barbey d’Aurevilly) dire un jour, m'ont empoisonné dix ans de ma jeunesse. » Ce qu’il demanda au poète du Corsaire, ce ne furent pas des facons d'écrire, ce furent des façons de sentir. Tout dans Byron devait l’enchanter, l’exalter, l’ensorceler, pour parler comme lui : ses goûts d'homme d’action d’abord et d’aventure, sa légende de séducteur, son aristocratisme exaspéré, le dandysme uni au génie. Le petit livre que Barbey a consacré au Dandysme en 1844 fait comprendre ce qu’il entendait par ce mot. Il y enfermait toute une philosophie et une sensibilité, le plus paradoxal mélange d’orgueil et de frivolité, d’héroïsme personnel et d’élégance, d’implacable énergie et de légèreté, de supériorité et d’impertinence..? »
Du byronisme à la névrose, M. Ernest Seillière a fait franchir le pas à Barbey d’Aurevilly. C’est aller un peu vite. car M. Seillière interprète comme des signes de névrose, les « douleurs », les « rêves », les « fixités » et les « stupeurs » de Barbey.
En effet, dans ses premiers Memoranda, comme dans ses Lettres à Trébutien, Barbey d'Aurevilly se plaint souvent de « rêves affreux », de « nuïts d’agitation et de fièvre », de. « réveils douloureux », de « prostration », de « douleurs de poitrine et d’estomac ».
Névrose? Pas encore. Le diagnostic est beaucoup plus simple et précis. Il n’est pas d’ordre littéraire, maïs strictement médical. Les symptômes nous permettent de le poser, et l’ayeu de Barbey lui-même de l’affirmer, IL y a dans son cas un certain degré d’éthylisme — nous disons bien un certain degré, car nous ne suivons pas du tout les
1. V. dans le livre du D' GRASsET : Jdées médicales (Paris, Plon, 1911), la conférence consacrée à « l’Idée médicale dans les romans de Paul Bourget ».