‹ Barbey d'Aurevilly et la MédecineChapitre 7 sur 44 · François LAURENTIE. Op. cit., p · texte numérisé non relu

François LAURENTIE. Op. cit., p

2. De même, à propos de d'Ac é, le héros d'une Tragédie à Vaubadon qu'il projetait d'écrire, il demande dans une dettre à Trébutien (21 juillet 1850) : « Quel était ce d’Aché? Son caractère, son tempérament, son physique (son physique surtout; le physique est une clef pour moi!).…

je tie, N. dbontBit Barbey détache peut-être avec plus de relief et plus de couleur les caractères essentiels de ses types, du point de vue physiologique core du Mg de vuë Moral.

Oo Ïl faut souligner yiéllé place tient l'athlétisme normand . dans les admirations de Barbey d ’Atrévilly. Il en tire une fierté de race. « C'était le Normand pur », dit-il de son oncle. Plus encore que sur la beauté, il s’extasie sur la forcé de ses « mains de gentilhomme qui äufraient cassé celles de tous les paysans d’alentour ». C’est que Barbey aurait pu dire comme Byron, qui fut l’un de ses modèles : & J'aime la force, même vulgaire. 5 La force est l’une à des caractéristiques de la race normande. Les « poissons de fer » dont parlait Michelet! ne méritent pas seulement ce hom par la ressemblance de léurs armures avec des écailles, mais par la solidité de toute leur personne. Ce goût de la force détrminera Barbey d’ Aurévilly jusque dans ses opinions littéraires et politiques, car pour lui « la volonté est tout ». |

La mère de Barbey d’Aurevilly était une demoiselle Ernéstine-Eulalie-Théodore Anñgo, née à Saint-Sauveur-le- Vicomte, le 25 avril 1787. Elle avait épousé én 1607 vi

+ futes Aructiée Barbey d’Aufevilly, né le 2 aévenbré 1808. C’est le grand écrivain.

2° Léon-Louis-Frédérie Barbey d’Aurevilly, ñé le 29 septembre 1809. Lui aussi écrivain et poète, il fut prêtre, de la congrégation des Eudistes. C'était « une manière de saint ». Ïl eut une grande influence sur $on frère aîné.

is Edouard Barbey du Motel, né en 1811, mort officier supérieur dans l’armée du EP) Empire.

4° Ernest Barbey du Motel, né en 1812, mort à Mortain en 1882. Il avait épousé Théodorine Bouillon de la Lorerie, fille de Jean-Baptiste-François Bouillon, sieur de la Lorérie, maire de Mortain.

Ni l’un, ni l’autre ne laissèrent d’enfants. Avec les quatre fils de Téophile ie et d’Ernestine Ango, s’est

te J. Micuerer. Notre France. Paris, Marpon et Flammarion, 1886, p. 247.

éteinte la vigoureuse famille des Barbey, du moins en ligne directe.

Il est une légende qui veut que, par sa mère, Barbey d’Aurevilly descende du corsaire dieppois Ango, lequel vivait au xVr' siècle, équipa une flotte à ses frais, aida François I”, bloqua Lisbonne et traita directement avec Sa Majesté très fidèle le roi de Portugal. Ces hauts faits, cette manière somptueuse ont paru dignes d’un ancêtre de celui qu’on a surnommé « le connétable des Lettres françaises ». Barbey d’Aurevilly, qui adoraïit la mer — « ma mer, que je pourrais orthographier ma mère, car elle m’a recu, lavé et bercé tout petit > — Barbey d’Aurevilly, qui se vantait d’être « un descendant des pêcheurs-pirates », et dont les armes portaient d'azur à deux barbeaux adossés et écaillés d'argent, — Barbey d’Aurevilly qui tirait vanité de sa main de Normand, « cette main crochue qui prend et qui garde, cette main de la force, moitié serre d’aigle moitié pince de crabe, qui devait étreindre une poignée d’épée et qui n’a qu’une plume, mais dans laquelle il coule la vertu de l'acier », — c'était une tentation bien naturelle, justifiée par des apparences d’hérédités et de noms, de faire d’un tel homme l’arrière-petit-fils d’un corsaire d’épopée.

Une autre légende raconte que Barbey d’Aurevilly aurait du sang royal dans les veines et que, toujours par les Ango, et par l’illégitimité du Parc-aux-cerfs, il serait le petit-fils d’un bâtard de Louis XV.

M. Paul Bourget, dans la conférence qu’il donna à Paris en 1909 sous les auspices de la Société des Conférences, a accrédité cette légende, échafaudée par M. Eugène Grêlé dans sa thèse, intéressante, mais touffue et discutable, soutenue devant la Faculté des Lettres de Caen (1902). François Laurentie dans son livre’, et Jacques de Biez dans une brochure décisive”, ont fait bonne justice de la prétendue descendance royale et illégitime de Barbey d’Aurevilly.

La vérité est plus simple. « Ses ancêtres paternels, les Barbey, étaient des terriens enracinés depuis toujours au

1. Op. cit. Barbey d’Aurevilly avait-il du sang bourbon? P. 203. ne Jacques de Brez. Louis XV et Barbey d’Aurevilly. Paris, Stock,

sol natal. Par sa mère, Ernestine Ango, il descendait, non du corsaire dieppois', comme la légende voudrait le faire croire, mais d’une vieille famille bourgeoise de Caen’.

IL est, au point de vue médical, une hérédité qui nous

intéresse infiniment plus : parmi les ancêtres maternels de Barbey d’Aurevilly, d’après les recherches de M. l’abbé G.-A. Simon, « l’un des membres les plus savants de la Société des Antiquaires de Normandie »f nous trouvons deux médecins, dont un professeur à la Faculté de Médecine qui existait à Caen avant la Révolution.

Notre maître, M. le Professeur Laïignel-Lavastine, émettait un jour, dans une de ces conversations élevées, nourries d'idées et de souvenirs, qui font le charme de son service, cette opinion que, chez un grand nombre d’écrivains contemporains, et pas des moins illustres, il était fréquent de déceler un atavisme médical. Barbey d’Aurevilly confirme l'exactitude de cette loi d’hérédité psychophysiologique.

Reprenons la généalogie savamment établie par M. G.-A. Simon‘. Nous voyons qu’Ernestine Ango, la mère de Bar- .bey d’Aurevilly, descendait d’une vieille famille « d’honorables bourgeoïs de Caen, bien posés et bien alliés. » Dès le xvr siècle, un Robert Ango était fixé sur la paroisse Saint-Pierre de Caen. L’un de ses proches, Guillaume Ango, assesseur en le vicomté de Caen, qui se qualifiait « sieur de la Drouinière », est l’ancêtre direct de Barbey d’Aurevilly. Il épousa, par contrat du 10 mai 1581, Suzanne Lamendey et en eut trois enfants, dont l’un s’appela aussi Guillaume Ango.

Celui-ci, marié à Jeanne Le Coq de Biéville, est le père de Pierre Ango”, baptisé à Saint-Pierre de Caen, le 21 mai 1635, qui devint docteur en médecine de l’Université de

1. Le corsaire Ango, de Dieppe, n’eut pas de descendance masculine.

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