Le nom s’orthographie indifféremment Ango ou Angot
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24 de as D’ RÉ TL. ÉT LA MÉDECINE
Cäén. Eui-même eut trois fils : Jade (660), pinot
(1665) et Pierré (1666). C’est ce second Pierre Ango qui
sera professeur à à la Faculté de Médecine de Caen. « Pierre Angot, écrit M. G.-A. Simon, fut baptisé à Saint- Jéan, le dernier jour de novembre 1666. Comme son père,
il suivit la carrière médicale. Nous le trouvons, dès l'âge
de dix-huit ans, inscrit à la Faculté dé Médecine de l’Univérsité de Caen. Däns les comptes que rend M° Philippe Lioult, avocat, pour les années 1685-1690, on le voit figurer avec la mention suivante : « A Pierre Angot, écolier de ñédécine, pour cé qui lui est dû pour la bourse dé médétine du jour Saint-Nicolas, fondée par M. de Cahaighés, pour 1684, 40 IL » Le jeune étudiant profita de la ihême bourse en 1685. En 1686, « suivant la délibération de l’Université, dépuis l’amortissement de la rente », les 43 livrés furent réduites à 33 livres 6 sols 6 deniers, que le bénéficiaire toucha encore en 1687. La carrière de Pierre Angot devait être assez brillante, puisqu'il devint conseiller du toi, docteur en médecine, professeur royal en . Faculté dé Médecine de l'Université de Caen. . Le personnage semble avoir été d’huméur quelque
tn Éctilléhse, littérairement parlant du moins. En 1711 ét 1712, il eut une polémique assez vive avec son collègue Lé Court, sur l’originé du fœtus. D’après le P. Martin!, il aurait joui d’une grande réputation comme médecin. Il vécut jusqu’en 1730. »
Le D' Ferdinand Gidon, professeur à l'École de Médecine de Caën, a donné, dans son étude sur les Thèses de l’Ancienne Faculté de Médecine de Caen”, d’autres détails intéressants sur ce D' Pierre Angot, professeur royal de médecine, qui fut l’arrière-grand-père maternel de Barbey d’Aurevilly.
La polémique à laquelle fait allusion M. Simon agita fortement la vieille Faculté de Caen, à partir de l’année 1700, et la divisa en deux partis hostiles. Il y avait une
1. Athenæ Normännorum, éd. Bourrienne-Genty. Caen, Jouan, 1901..2 fase. in-8°, E p. 81.
2. Extrait du Bulletin de la Société d'Histoire de la Médecine. Tome XXVI, n° 1-2 (janvier-février 1932). Une br., Le Mans, imp. Monnoyer.
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droite, le parti de là résistañce, dont était Pierre Angot — Barbey d’Aurevilly restera dans la ligne de som ancêtre —et une gauche, le parti du mouvement, qui avait pour chef Jean-François Le Court. L'invention du microscope et les prernièrés observations de Lœtuwenhæck qui découvtit, deux siècles avant Pasteur, les bactéries, déterminèrent én médecine dés prodromes de révolution. Mais l’esprit de routine, le culte dés théories absträités, et la logomachie, qui inspira la verve de Molière aux dépéns des Diafoirus de l’époque, empêchèrent la médecine expérimentale de se faire jour dès le xvn° siècle. Il y eut des tentativés de pércée avec la iatro-mécanique et la iatro-chimié. Mais la Sorbonne et la Faculté de Médecine de Paris fürént les citadelles de Ia réaction. La Faculté de Caen fit preuve d’une plus grande liberté d’esprit. La Normandie a toujours eu le culte de l’indépendance et le goût de la conquête.
Le microscope, en révélant le nombre infini d’animalcules répandus dans lé monde, avait donné naissance à la & théorie vermiculiste » dé la génération, « qui s’affirma dans lés thèses de Caen, écrit le D' Gidon, bien plus librement qu’elle ne paraît avoir pu le faire dans les thèses de Paris ». C’est Lœuwenhæœck qui avait découvert le « ver spermatiqué », autrement dit le spermatozoïde, et la théorie Vérmiculiste n’était que l'interprétation de ce fait d’observation. Encore que très encombrée d’éloquence à la mode du temps, cette théorie n’en offrait pas moins une « étonnante fécondité en déductions impressionnantes ». Paris se dréssa contre élle et là Sorbonne ôbligéa le médecin Geoffroy à sé rétracter, pour l'avoir soutenue dans sa thèse‘: An hominis primordia vérmis?
La Faculté de Caen prit parti en majorité pour la théovie vermiculiste. Le 25 novembré 1705, Hénri-Piérre de Forges la défendait dans sa thèse de baccalauréat en médeciné sous la présidence de Jean-François Le Court : An homo à verme? Cepéndant, la droite réactionnaire, ayant à sa tête Callard de la Ducquérie et Pierre Angot, fit soutenir, vingt jours après la thèse de H.-P. de Forges, une autre thèse où les « vers spermatiques » sont donnés comme un exemple des questions ridicules et sans intérêt pratique...
Le 24 juillet 1711, c’est sous la présidence de Pierre Angot que François Le Maistre, de Sées, soutient une thèse antivermiculiste : An homo a vermibus? non ergo a vermibus. Si l’auteur y combattait les idées de Le Court, il n’osait du moins s’élever, comme d’autres le faisaient déjà ou le feront plus tard, contre la réalité des observations microscopiques. En effet, les microscopes simples avaient été remplacés par de mauvais instruments à trois verres qui déformaient les images. « La confiance durable qu’inspirèrent les microscopes à Caen, écrit le D' Gidon, vient probablement du fait que l’on continua très longtemps d’y fabriquer des microscopes simples », conformément au modèle décrit avec beaucoup de détails et illustré de dessins précis par un savant jésuite, le P. Chardin. Cela n’empêcha pas les adversaires de la théorie vermiculiste de contester plus tard non seulement l'intérêt des observations microscopiques, mais celui même du microscope!
Cette curieuse étude du distingué professeur de l’Ecole de Médecine de Caen suffit à expliquer pourquoi la médecine a piétiné pendant si longtemps. Les vaines disputes théoriques passionnaient, mais paralysaient les Facultés de l’ancien Régime. Il fallait une rénovation dans ces institutions vieillottes. La Révolution donna un coup de hache. Mesure brutale et radicale qui, en détruisant les Facultés, supprima toute autonomie et permit ensuite à Napoléon, par le rétablissement d’une Université centralisée et caporalisée, de réaliser la conscription des intelligences. Heureusement, en médecine, indépendamment des cadres scolaires officiels, de grands esprits accompliront la révolution scientifique, pressentie, attendue dès le xvn siècle : c’est Bichat qui fonde l’anatomie générale; c’est Corvisart qui inaugure la grande tradition de la clinique française; c’est Laënnec surtout', qui projette sur l’anatomie pathologique et les maladies du poumon et du cœur, les lumières de son génie. La vieille Faculté de Caen a sa part dans la préparation de cette révolution médicale. Les « résistants » eux-mêmes, comme Pierre Angot, ont contraint les nova-
1. Cf. notre brochure La Formation d’un génie médical : Laënnec. Paris, Enault, 1920.
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teurs à préciser leurs recherches, à accentuer leurs travaux. Le D° Pierre Angot, professeur royal de médecine, marié à Françoise Le Baron, originaire elle aussi de la paroisse Saint-Pierre de Caen, eut trois filles et un fils, Jacques-Pierre Angot, lequel devint directeur des biens des religionnaires de Provence et alla se fixer à Versailles. « C’est là qu’il épousa, nous dit M. Simon, paroisse Saint- Louis, le 22 août 1737, demoiselle Julie Dalleron, fille de feu J.-B. Dalleron, bourgeois de Versailles, et de Marie- Louise Fasse. » Iei l’on retrouve l’histoire complètement fausse de Barbey d’Aurevilly, descendant d’un bâtard de Louis XV, dont M. Simon achève de démontrer l’inanité après François Laurentie et Jacques de Biez.
Jacques-Pierre Angot et Julie Dalleron eurent un fils, Louis-Hector-Amédée Angot, baptisé à Versailes, paroisse Saint-Louis, le 15 novembre 1739. Il eut pour parrain M. de Maurepas, mais ce dernier se fit représenter par la concierge de l’hôtel de La Vallière, et pour marraine la duchesse de Mazarin, tout bonnement représentée, elle aussi, par Marie Cotin, épouse d’un sieur Noël! Louis-Hector-Amédée Angot fut nommé lieutenant civil et criminel au bailliage de Saint-Sauveur-le-Vicomte, puis député aux Etats-Généraux. Il épousa le 9 janvier 1777 Marie-Anne-Françoise Belloy, eut trois enfants et mourut à Saint-Sauveur-le-Vicomte en décembre 1805. Aux Etats- Généraux de 1789, Amédée Angot fut de « ceux qui ne reconnurent pas la Constitution insolente du Jeu de Paume et qui s’en retournèrent fièrement chez eux avec l’idée terrible et nette que la monarchie française avait fait assez de fautes pour périr' ». Il n’émigra pas. « Son ascendant était si grand qu’on n’osa l’arrêter et le conduire à la guillotine. On se contenta de tirer quelques coups de fusil dans ses volets. » Il ne reconnut pas plus Bonaparte que la Révolution, et « quand il vit, dit encore Barbey d’Aurevilly, le génie de cet homme ployer la France aussi facilement qu'un drapeau, il mourut, le cerveau foudroyé, devant ma mère, seule à table avec lui. La mort le prit si vite qu’il ne