‹ Barreau anglais; ou, Choix de plaidoyers des avocats anglais (volume 2)Chapitre 13 sur 22 · DE THOMAS PAINE · texte numérisé non relu

DE THOMAS PAINE

Après avoir fait une partie des guerres d'Amérique, Thomas Paine , auteur de plusieurs ouvrages politiques qui avaient obtenu quelques succès , revint en Angleterre ; bientôt la revolution française éclata : ce grand événement , qui attirait les regards de toute l'Europe , fixa plus particulièrement l'attention de la Grande-Bretagne. Les politiques anglais l'applaudirent ou le désapprouvèrent chacun selon ses vues et son opinion : au nombre de ses adversaires on comptait surtout le fameux M. Burke, qui publia sur ce sujet plusieurs écrits fort remarquables.

Ce fut en réponse à l'un de. ces écrits que M. Paine composa son livre Des droits de F homme. L'auteur y développait avec audace et énergie la doctrine alors universellement admise en France de la souveraineté du peuple.

La publication de ce livre fit scandale en Angleterre, et le procureur-général se hâta de le déférer aux tri-

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bunaiix. Mais M. Paine n'était plus en Angleterre à cette époque : contraint de se réfugier en France, il y avait été nommé membre de la convention. Ce fut donc contre son livre plutôt que contre sa personne que fut dirigée l'accusation.

En apprenant la nouvelle de cette poursuite, Thomas Paine écrivit au procureur-général une lettre pleine de cette insolence républicaine qui dominait alors en France : le procureur-général la lut à l'audience ; elle excita une indignation universelle.

La tâche de M. Erskine , en défendant un tel homme et un tel livre , était des plus délicates ; il s'en acquitta avec infiniment d'esprit et d'adresse ; ne voulant pas abandonner les doctrines de son client , et ne pouvant les soutenir à front découvert , il fit parler en leur faveur les plus graves autorités , car la littérature anglaise a des autorités pour tous les systèmes. Les ouvrages de M. Burke lui-même furent cités pour défendre son antagoniste. L'avocat rappela avec beaucoup de finesse et d'ironie les opinions qu'avait professées ce célèbre écrivain à une époque où l'opposition le comptait dans ses rangs.

Le plaidoyer du procureur-général et celui de M. Erskine , que nous rapportons , donneront une idée complète de cette mémorable cause.

Ce procès , disent les éditeurs des discours de M. Erskine, servira à accroître encore l'admiration et l'amour de tout esprit éclairé pour une constitution sous l'égide de laquelle on a pu défendre ainsi un tel homme et un tel ouvrage.

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