‹ Barreau anglais; ou, Choix de plaidoyers des avocats anglais (volume 2)Chapitre 17 sur 22 · DE JOHN STOCKDALE · texte numérisé non relu

DE JOHN STOCKDALE

Jugé en la cour du banc du roi , devant lord Kenyon et un jury spécial, à Westminster, le 9 décembre 1789, sur une information dirigée contre lui par le procureur-général, à raison d'un libelle contre la chambre des communes.

Le jugement de M. John Stockdale est si étroitement lie au procès si connu de M. Hasting , gouverneur-génëral de l'Inde ? que peu de mots suffiront pour donner tous les e'claircissemens nécessaires au plaidoyer de M. Erskine.

Lorsque la chambre des communes de la Grande- Bretagne eut ordonne la mise en accusation de M. Hasting , les charges furent dressées par M. Edmond Burke qui avait été mis à la tête de la commission d enquête ; au lieu de les rédiger dans la forme ordinaire d'un acte d'accusation , il les exposa avec beaucoup d'étendue , et les développa avec cette énergie et cette chaleur qui animent toutes les productions de ce grand écrivain.

3/f8 EXPOSÉ.

Les charges, ainsi préparées, ne demeurèrent pas renfermées dans les registres de la chambre des communes pour être ensuite portées à la chambre des lords , elles furent imprimées et vendues dans toute l'Angleterre sans aucune opposition de la part des directeurs de l'accusation; et du style dont elles étaient écrites, elles durent nécessairement produire une forte impression contre l'accuse':

Pour combattre cette impression causée par la publication prématurée de ces charges , le reverend M. Logan , ministre de l'évangile à Leith , en Ecosse, personnage c'minent par son savoir , composa une revue des charges de l'accusation ( qui , comme on vient de le dire , circulaient alors dans toute l'Angleterre), et l'adressa à M. Stockdale, libraire accrédite dans Picadily *, qui la mit en vente.

L'ouvrage de M. Logan e'tait écrit d'une manière à la fois judicieuse et énergique, mais il renfermait quelques observations se'vères contre les accusateurs de M. Hasting.

Dès que ce livre parut, il obtint le plus grand succès.

Alors M. Fox le dénonça à la chambre des communes ; et, sur la motion de cet illustre orateur, Fun des directeurs de l'information , la chambre vota unanimement une adresse au roi pour le supplier d'enjoindre à son procureur-général de poursuivre une information contre M. Stockdale comme éditeur d'un libelle contre la chambre des communes ; ce qui eut lieu.

Il est inutile de rapporter ici les passages du livre de

,* L'un des quartiers de Londres,

EXPOSÉ. 3^9 M. Logan qui servirent de prétexte à l'accusation; on les trouvera cites clans le plaidoyer de M. Erskinc.

Le verdict favorable qui fut rendu dans cette cause , fut accueilli avec une satisfaction générale. Ce verdict, disent les éditeurs des plaidoyers de lord Erskine, fut une nouvelle preuve des inappréciables bienfaits de notre constitution ; car, ni la plus haute cour du royaume, ni la chambre des communes elle-même, partie plaignante dans l'accusation, n'eurent le droit de révoquer en doute son autorite.

Le plaidoyer prononce en cette circonstance est l'un des plus remarquables de M. Erskine : attache' au parti de l'opposition par ses opinions et ses principes , il se trouvait place, dans cette cause, entre ses affections personnelles et ses devoirs, puisque c'était des bancs de l'opposition qu'était partie la motion qui avait fait accuser son client. Cet habile avocat sortit de cette situation difficile avec beaucoup d'adresse 5 il eut Fart de rattacher sa defense à celle de M. Hasting, ce qui lui fournit occasion de se livrer à quelques mouvemens de la plus haute eloquence.

POUR

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