ACCUSÉ DE BIGAMIE
Le crime de bigamie est justement frappe de châtimens rigoureux chez tous les peuples chrétiens, c'est une atteinte portée au plus saint de tous les contrats ; c'est blesser l'ëtat en détruisant la famille : le législateur devait donc se montrer sévère à le réprimer : la loi anglaise lui inflige la peine réservée aux félonies, c'est-à-dire la mort.
Cependant ce frein redoutable n'a pas toujours suffi pour le réprimer : la cause que Ton va lire en est un exemple.
Un jeune officier anglais, possesseur d'une fortune
considerable , avait contracte un premier mariage en Irlande, et en avait eu plusieurs enfansj réduit à la misère par de folles prodigalités , abandonne par sa femme et par ses enfans , il avait trouvé les secours les plus généreux auprès d un bomme de loi de Dublin , qui avait enti'epris de recouvrer quelques débris de sa fortune.
Admis dans sa maison , il avait pris sur sa jeune fille un tel ascendant, que, malgré Texistence connue de son premier mariage, il la détermina à s'unir à lui : un prêtre leur donna la bénédiction nuptiale dans une maison étrangère.
Cet événement ne put demeurer long-temps secret au père de la jeune fille : indigné de tant d'ingratitude de la part de celui qu'il avait comblé de bienfaits , il le dénonça aux tribunaux, et demanda vengeance de l'injure faite à toute sa famille.
M. Burrowes fut chargé de faire entendre à la justice les plaintes de ce père outragé : ce n'est point sa défense que nous offrons ici, c'est l'exposé de la cause que fit l'avocat à l'ouverture des débats , pour rendre intelligible la déposition des témoins.
Ce morceau, d'une touche simple et délicate, est un modèle de cette éloquence douce et tendre que réclamait une cause de cette nature.
On ignore quel fut le résultat de ce procès.
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PLAIDOYER DE M. BURROWES,
EN LA CAUSE