COMTE DE STRAFFORD, PRINCIPAL MINISTRE DU ROI CHARLE
EXPOSÉ
Le grand et infortune comte de Strafford , c'est ain.si que les Anglais le nomment avec une mélancolie religieuse, naquit à Londres le i5 avril i595 : l'origine de sa maison se perd dans la nuit de Tantiquite 3 les familles les plus illustres s'honoraient de lui appartenir , et le sang royal coulait dans ses veines.
Sa carrière politique s'ouvrit par lexercice des modestes fonctions de juge de paix; bientôt après il entra au parlement comme représentant le comte d'York,
Ce fut dans ce parlement que se manifesta pour là première fois cet esprit de reforme qui , pousse' à l'excès, conduisit l'Angleterre au renversement de la monarchie. C« mouvement se prolongea sous le règne suivant; le
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pouvoir absolu , ne eu Angleterre sous Henri vu , accru et désordonné sous Henri viii , dans toute sa force sous Elisabeth , qui avaittropsu le régulariser , déclinant par riieureuse malhabilete de Jacques qui l'avait compromis , e'tait arrive sous Charles i*-'' à une crise qui devait le ranimer ou Fëleindre. Les choses, dit Hume, étaient venues au point qu'elles ne pouvaient plus rester inde'cisesj il s'agissait ou d'abandonner eutièrement les privileges du peuple, ou de les établir sur des bases ine'branlables : un homme tel que Wenthworth , d'un ge'nie aussi ëleve , dans une position aussi indépendante , ne pouvait pas hésiter; il se rangea ge'ne'reu sèment du parti de la liberté.
L'inhabile et présomptueux Buckingham poursuivait îe cours de son ministère ; les de'sastres essuje's au dehors l'obligèrent de lever dans tout le royaume un prêt general et force : W enlhworth déclara formellement qu'il ne paierait point une taxe ordonnée par une autre autorité que le roi et le parlement; les perse'cutions auxquelles l'exposa sa généreuse resistance lui acquirent dès-lors une grande popularité'.
Les oppressions du pouvoir devenant chaque jour plus violentes, le mécontentement se répandit dans tout le royaume ; le ministre se vit contraint de convoquer un parlement : Wenthworth parla avec force contre les abus de l'autorité; il réclama des garanties pour la liberté comme pour la propriété des sujets , et contribua puissamment à obtenir ce célèbre bill des droits qui forme encore aujourd'hui l'uncdes colonnes de la liberté anglaise. Bientôt après Buckingham mourut assassiné :
EXPQSÉ. 123 la cour alors pensa qu un moyen sûr de raffermir son influence ébranlée était d'attirer dans son parti un homme aussi populaire que Wenlhworth : Wenthworth fut en effet appelé au conseil , nomme president de la cour du nord, et envoyé' en Irlande en qualité de lord lieutenant.
Le roi Charles avait , à cette e'poque , accorde toute sa confiance à trois ministres dont le caractère répondait le plus à ses intentions. L'evêque Laïul , homme austère, inflexible, gouvernait l'Angleterre, la direction des affaires d'Ecosse e'tait remise au marquis d'Hamilton y Wenthworth fut place à la tête de celles del'Irlande.
Jamais l'Irlande ne s'était trouvée dans une position plus difficile : déchirée par les querelles religieuses , accablée par les exactions des grands , sans armée pour maintenir la tranquillité intérieure, elle semblait vouée à une alternative de révolte et d'oppression.
Wenthworth avait besoin , en allant gouverner un tel pays, d'une autorité forte et étendue, kii-même il fut charge de fixer les bornes de ses pouvoirs, et de rédiger ses propres instructions.
Aussitôt après son arrivée le lord lieutenant s'occupe de la convocation d'un parlement; il reconstitue Tarmee , relève les églises , assemble le clergé, concilie les dissensions religieuses, encourage l'agriculture, et porte un œil vigilant sur toutes les parties de l'administration. Le peuple , respirant enfin de toutes les calamités qui l'accablaient depuis si long-temps, bénissait Wenlhworth; mais les grands ne voyaient pas sans haine un ministre qui s'opposait d'une main ferme à leurs habitudes de tyrannie et de déprédation.