PROCÈS DE THOMAS MORE
rer le plus possible cette impulalion , M. Rich fut appelé a déposer en pleine cour , et sous serment ; ce qu'il fit immédiatement , râpportant tout ce qui s'était passé dans une conférence îcntre lui et sir Thomas , a la tour. A quoi sir Thomas répondit : Si j'étais un homme qui n'eût nul égard a mon serment, je n'aurais point été conduit ici en criminel, comme tout le monde le sait 5 or, si le serment que vous avez prêté, M. Rich, est vrai , alors puissé-je ne voir jamais Dieu face a face ; imprécation horrible en ma bouche, si ce que je dis est faux, et de laquelle je ne voudrais pas me rendre coupable pour gagner l'univers entier.
More ayant récité en présence de la cour la conversation, qu'ils avaient eue ensemble à la tour, dans toute la sincérité de son ame, il ajouta : De bonne foi , M. Rich, votre parjure me louche plus que mon propre danger; je dois vous dire que, ni moi , ni qui que ce soit a ma connaissance, n'ont jamais vu en vous un homme d'une réputation telle que nous eussions consenti a traiter avec vous dans une affaire de quelque conséquence; vous savez que je vous connais depuis long-temps; je vous ai connu depuis votre jeunesse jusqu'à la conjoncture présente , car nous habitions la même paroisse ^ et vous n'ignorez pas, je suis fâché d'être obligé de le dire, que vous avez toujours passé pour un imposteur, soit ici, soit dans le Temple % où vous avez été élevé. Peut-il donc paraître probable a vos seigneuries que j'eusse pu, dans une affaire aussi grave, être si malavisé que de me confier a M. Rich, cet homme dont j'avais si mauvaise opinion sous le rapport de l'honneur et de la fidélité, et de me taire devant le roi mon maître, auquel je dois tant de reconnaissance pour les faveurs dont il m'a comblé, ainsi que devant ses
' L'une des auberges à Londres où \ont loger tous les éludians c« droit.
lo BAIAREAIJ ANGLAIS.
graves el nobles conseillers j que j'eusse consenti à dévoiler à M. Rich les secrets de ma conscience relativement a la suprématie du roi , ce sujet particulier et ce point unique sur lequel j'ai été si long-temps pressé de m'expliquer , ce que je n'ai jamais voulu confier , lorsque cet acte eut été publié , ni au roi lui-même, ni a aucuri des membres du conseil privé, qui m'ont été envoyés à la îour dans ce but, et a plusieurs reprises, par sa majesté. Je m'en réfère a vos jugemens, milords; cela paraîtra-t-il croyable a qui que ce soit d'entre vos seigneuries ?
Mais, en supposant vrai ce qu'affirme M. Rich, lorsque l'on considère que ces paroles furent prononcées dans l'abandon d'une conversation familière; que je n'affirmai rien; que seulement on proposa diverses hypothèses, lesquelles n'avaient rien d'offensif, on ne peut dire, en bonne justice, que ces paroles furent prononcées avec malice; or, la où il n'y a pas de malice il n'y a pas d'offense. En outre, milords, je ne puis penser que tant de révérends évêques , tant d'honorables personnages, tant de vertueux et de savans hommes dont se composait le parlement lorsque la loi fut admise, aient jamais entendu qu'on devait punir de mort un sujet auquel on ne pouvait reprocher nulle malice, prenant le mot malitia pour malevioleiitia y car si malitia est pris en général pour toute espèce de crime ^ il n'est personne qui puisse demeurer libre. Le mot malicieusement a une signification aussi étendue dans ce statut que le mot par force dans celui des envahissemens par force; car si quelqu'un entre paisiblement dans une propriété et en chasse par force son adversaire, il n'y a pas d'offense; mais, s'il envahit par force, il doit être puni par le statut.
En outre , les bontés sans nombre dont m'a comblé S. M., qui s'est montrée en tant d'occurrences un doux et gracieux maître a mon égard, l'affection et la confiance qu'il u'a cessé
PROCÈS DE THOMAS MORE. ii de me témoigner depuis mon entrée à son royal service, en m'appelanl a l'iionneur de faire partie de son conseil privé; b générosité avec laquelle il m'a élevé aux plus hautes charges, et dernièrement à celle de grand chancelier, honneur qu'il n'avait encore accordé à aucun laïque, celte charge étant la première en dignité dans ce royaume, la plus voisine de la royale personne du roi, et bien au dessus de mes mérites €t de mes talens , versant ainsi sur moi de continuelles faveurs , et dernièrement encore m'ayant , sur mon humble demaïKle, accordé la liberté de consacrer le reste de ma vie au service de. Dieu pour le salut de mon ame : toutes ces bontés, dis- je, dont j'ai été si long-temps et si pleinement accablé par S. M. , suffisent dans mon opinion pour détruire la calomnieuse accusation que cet homme a si indignement portée contre moi.
Après ce discours ^ qui touchait de si près la réputation de M.B-ich, celui-ci produisit plusieurs témoins pour confirmer sa déposition ; sir Thomas fournit quelques nouveaux argumens pour détruire ses assertions. Le juge donna son opinion au jury; et le jury, s'étant retiré pendant quelques minutes, revint avec un verdict de coupable.
Le lord chancelier j comme chef de la commission , se disposait à rendre le jugement 5 lorsque sir Thomas lui dit : Quand j'étais employé a rendre la justice, j'avais coutume, en pareil cas , de demander au prisonnier, avant de prononcer la sentence, s'il n'avait rien à dire pour empêcher le jugement d'être rendu contre lui; sur quoi le chancelier interrompant l'arrêt dont il avait déjà prononcé les premiers mots: Eh bien, sir Thomas, qu'avez-vous a dire pour vous y opposer? Sir Thomas présenta alors quelques observations relatives a la suprématie du Siège de Rome ; il cita ce texte de la grande charte : Eccîesia aiiglicana libera sit, et liabeai omnia jura intégra et lihertates suas ilîœsas. . Alors le lord chancelier , comme s'il n'eûi pas voulu prendre
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sur lui tout le fardeau de la condamnation , consulta sir John Filz-JameSj le lord président d'Angleterre; puis il prononça la sentence par laquelle il fut ordonné
u Que le coupable serait conduit a la tour de Londres par les soins dè William Kingston, sheriff, de la traîné sur une claie a travers toute la cité de Londres jusqu'à Tyburn, et pendu jusqu'à ce qu'il fût a demi mort; qu'alors il serait coupé vif en morceaux; que ses parties viriles lui seraient arrachées 5 que son ventre serait ouvert, ses entrailles brûlées , ses quatre quartiers suspendus aux quatre portes de la cité , et sa tête placée sur le pont de Londres.
Tel fut le jugement rendu contre ce grand homme, qui avait si bien mérité du roi et du royaume, et a l'occasion duquel Paul Jove appelle Henri vin un autre Phalaris.
Cette sévère sentence fut ensuite, par une grâce du roi, commuée en une simple condamnation à mort , à cause des hautes dignités que le condamné avait occupées^ dans le royaume. La nouvelle de cette royale faveur lui ayant été annoncée, il répondit avec un sourire : Fasse le ciel que le •roi n'accorde jamais pareille faveur a mes amis, et que Dieu préserve ma postérité de semblables grâces !
Lorsqu'il eut reçu la sentence de mort, il dit d'un air calme et résolu : Maintenant que je suis condamné. Dieu sait combien injustement! je dirai franchement, pour soulager ma conscience, ce que je pense de cette loi : lorsque je m'aperçus que le roi désirait rechercher d'où dérivait l'autorité du pape? j'avoue que j'étudiai sept ans pour découvrir la vérité, et je ne trouvai pas un seul docteur avoué par l'église qui soutint qu'un laïque eût été ou pût être le chef de l'église.
Le chancelier. Vous croyez-vous plus sage ou d'une conscience plus sincère que tous les évêques, les docteurs, la noblesse et les communes du royaume ?
More, Je pourrais produire contre un évêque de votre eôlé
PROCÈS DE THOMAS MORE. i3 cent évêques catholiques pour mon opinion , et opposer à ce royaume le consentement de toute la chrétienté pendarit mille ans.
Norfolk. Sir Thomas, vous montrez votre esprtt pervers et obstiné.
More, Noble seigneur, ce n'est ni perversité ni obstination qui me font tenir ce langage ; mais la nécessité m'y oblige pour le repos ^e ma conscience, et Dieu m'est témoin que nul autre motif ne m'a excité.
Après quoi les juge^ lui offrant de lui accorder une audience favorable s'il avait encore quelque chose à dire, il répondit avec douceur : Je n'ai plus rien a dire, si ce n*est que, comme le bienheureux apôtre St. -Paul qui assistait au martyre de St. -Etienne, gardant les vêtemens de ceux qui le lapidaient, habite maintenant le ciel avec lui, ainsi j'espère, je demanderai sincèrement à Dieu que, bien que vos seigneuries m'aient condamné sur cette terre, je puisse les retrouver dans le ciel, le priant qu'il veuille vous conserver en ce monde, et surtout le roi mon maître, et lui accorder de fidèles conseillers.
Sir Thomas fut, après sa condamnation, conduit à la tour ; une hache était portée devant lui , il marchait au milieu d'une double haie de soldats.
Sir Thomas , étant demeuré prisonnier pendant une semaine après sa condamnation, le 6 juillet au matin, son vieil ami, sir Thomas Pope, se rendit auprès de lui avec un message du roi et un membre du conseil, pour lui apprendre que son exécution devait avoir lieu ce jour-là même avant neuf heures. Sur quoi sir Thomas lui répondit qu'il le remerciait pour celte bonne nouvelle. Je suis fort obligé, ajouta-t-iî, envers Sa Majesté pour les bienfaits et les honneurs dont elle m'a comblée, mais je le suis plus encore, je vous l'assure, pour m'avoir renfermé ici, où j'ai eu le temps nécessaire de
i/^ ÏURREAU ANGL/VIS.
me preparer h ma dernière heure. Je !c remercie surtout d'avoir bien voulu me délivrer des misères de ce monde.
Alors sir Thomas Pope lui apprit que le roi désirait qu'il ne se livrât point h de longues paroles sur le lieu de l'exécution. Vous faites bien , dit-il, de m'avertir de la volonté du roi, car j'avais dessein défaire un discours au peuple; mais peu importe, et je suis prêt a me conformer à ses désirs. Je vous supplie- de vouloir bien obtenir de S. M. que ma fille Marguerite puisse prendre soin de mes funérailles. A qi;oi Pope répondit que le roi voulait que sa femme, ses enfans et ses autres amis se trouvassent présens.
Lorsque sir Thomas Pope fut sur le point de prendre congé de lui , il ne put retenir ses larmes ; alors Thomas More lui dit : Ne vous laissez point abattre, car j'espère que nous nous verron-s en un lieu meilleur, oii nous serons unis dans un bonheur éternel.
Sur les neuf heures on le conduisit a la tour ; sa barbe était longue, sa figure pâle et maigre; il tenait une croix rouge en sa raain^ et levait souvent les yeux au ciel. Une femme étant venu lui offrir un verre de vin, il le refusa, disant : Le Christ, à sa passion, ne but pas du vin, mais du fiel et du vinaigre. Une autre femme le suivait en criant qu'il lui rendk quelques papiers qu'elle avait laissés en ses mains lorsqu'il était lord chancelier; il lui répondit : Brave femme, ayez patience encore une heure, le roi va me délivrer du soin que j'avais de vos papiers comme de toutes autres choses. Une autre lui reprochait qu'il lui avait fait tort lorsqu'il était grand chancelier, il lui dit : Je me rappelle très-bien votre affaire; et, s'il fallait la juger de nouveau, je rendrais la même sentence.
Arrivé au pied de l'échafaud, il faillit tomber; sur quoi, s'adressani avec un sourire au lieutenant : Je vous en prie, aidez-moi k monter; pour descendre, ce sera mon affaire.
' PROCÈS DE THOMAS MORE, i5 Gorame il se disposait à parier au peuple, il fut interrompu par le sheriff ; alors il se contenta de lui demander de prier pour lui, et déporter témoignage qu'il mourait dans la foi de l'église catholique et en fidèle serviteur de Dieuj puis, s'agenouillant, il récita le psaume miserere avec beaucoup de dévotion. Lorsqu'il se releva^ l'exécuteur lui demanda pardon ; il l'embrassa et dit : Bon courage, mon ami , ne crains pas d'accomplir ta mission ) prends garde , pour ton honneur , de ne pas frapper à côté, car j'ai le cou très-court; inclinant ensuite sa tête sur le billot, il pria l'exécuteur d'attendre jusqu'à ce qu'il eût écarté sa barbe; elle, dit-il, n'a pas commis de trahison. Sa tête fat abattue d'un seul coup et placée sur le pont de Londres, où elle demeura pendant quelques mois. Comme on se disposait à la jeter dans la Tamise pour faire place a d'autres, sa fille Marguerite l'acheta, et, l'enfermant dans une boîte de plomb , la conserva comme une relique. {Haïr s Chron.y vol. 2, fol. 2,)
PROCÈS
DE MARIE STUART
REINE D'ÉGOSSE.
EXPOSÉ
Les craintes qu'inspiraient à Elisabeth le caractère , les principes et les pretentions de Marie Stuart , avaient de bonne heure engage cette reine jalouse à consulter , dans le traitement de son infortunée prisonnière, les conseils de la haine et de la politique plutôt que de l'amitié et de la générosité. Le ressentiment avait pousse Marie à des entreprises qui avaient menace le repos, et î'aiitorite' d'Elisabeth. Les rigueurs de sa prison , rendues dès-lors plus dures, l'excitèrent à tenter les dernières extrémités 5 l'impatience de la captivité, le désir de la vengeance et sa fierté concourant avec son zèle religieux et les suggestions d'une foule de gens, elle fut enfin engagée en des desseins qui offrirent à ses ennemis , attentifs à saisir cette occasion , un prétexte ou un motif de consommer sa ruine.
Le séminaire anglais , établi à Reims , nourrissait une
EXPOSÉ. 17 profonde animosite contre ElisaLetli . On persuada à Jolin Savage, homme audacieux , et qui avait servi plusieurs années dans les Pajs-Bas sous le prince de Parme, d'atlenter à sa vie. Cet assassin , ajant fait vœu d'accomplir ce projet, fut envoyé' en Angleterre et recommande à la confiance des plus zëles catholiques.
À peu près vers la même e'poque, John Ballard , l'un des prêtres de ce séminaire, se rendit à Paris au retour d'une mission en Angleterre et en Ecosse : et comme il avait observé qu'un esprit de mutinerie et de rébellion régnait parmi tous les catholiques de ces contrées , il avait fondé sur ces dispositions le projet de détrôner Elisabeth', et de rétablir par la force des armes l'exercice de l'ancienne religion. La situation des affaires au dehors semblait favorable à celle entreprise. Le pape , les Espagnols , le duc de Guise, unis par le même intérêt, avaient formé la résolution de faire une tentative contre l'Angleterre. Mendoza , l'ambassadeur d'Espagne à Paris , faisait espérer à Ballard des secours de ces princes. Charles Paget , catholique zélé et dévoué partisan de la reine d'Ecosse, connaissant bien la prudence, la vigueur et la popularité d'Elisabeth, soutenait seul qu'aussi long-temps que cette princesse vivrait, on se promettrait en vain quelques succès en Angleterre. Ballard, convaincu par lui, vit plus clairement la nécessité d'accomplir le dessein formé à Reims. Il vint en Angleterre déguisé en soldat sous le nom du capitaine Fortescue , et s'occupa tout entier d'exécuter ses projets d'assassinat, d'insurrection et d'invasion.
La première personne à laquelle il s'adressa fut An- 3, -, 2
i8 KXPOSK.
toiiie Bahinglon de Detliic dans le comte de Derbj^ Ge jeune liomme elait d'une honne Tamille, possédait une grande fortune et avait déjà fait preuve de beaucoup de capacité ; ardemment dévoue k la cause catholique , il avait, quelque temps auparavant , fait un voyage à Pans.
Lorsque Ballard lui découvrit ses intentions, tout son zèle se ralluma à la pensée d'uue entreprise qui semblait promettre du succès à la cause de Marie et de la religion catholique. Il s'employa pour accroître le nombre des conjures , et attira secrètement dans la conspiration plusieurs catholiques meconlens du gouvernement établi.
Ces projets n'avaient point échappe à la vigilance du conseil d'Elisabeth et surtout deWalsingham, secretaire d'e'tat. Cet habile ministre avait engage Maud , prêtre catholique qu'il tenait à sa solde, à suivre Ballard dans son voyage en France , et il avait par là obtenu quelques avis sur les desseins des fugitifs.
Cependant Babington fit connaître à Marie le complot forme pour une invasion étrangère, le plan d'une insurrection dans l'intérieur, et le projet de faire assassiner l'usurpatrice par six gentilshommes, comme il les nommait, tous de sa connaissance, et qui, par zèle pour la cause catholique et le service de sa majesté, avaient consenti à se charger de cette tragique execution. Marie répondit qu'elle approuvait hautement ces projets, que ces gentilshommes pouvaient espérer toutes les recompenses qui seraient en son pouvoir , et que la mort d'Elisabeth était nécessaire avant de rien tenter pour sa délivrance
EXPOSÉ. 19 ou pour une insurrection. Ces lettres, avec d'autres écrites à Mendoza, à Charles Paget, à l'archevêque de Glasgow et à sir Francis Inglefield , furent remises au secretaire-d'ëtat Walsingham, par Gifford, prêtre catholique , qui trahissait les conspirateurs dont il était l'agent. Elles furent déchiffrées par Philipps son secretaire, et et des copies en furent prises.
Le complot, ainsi de'couvert, un warrant fut lance pour saisir Ballard. Les conspirateurs effraye's prirent aussitôt la fuite , et se cachèrent sous divers de'guisemens 3 mais ils furent bientôt découverts et jetés en prison. Ils se contredirent dans leur interrogatoire , et les chefs furent contraints de confesser toute la vérité. Quatorze furent condamnés et exécutés 5 sept d'entre eux avouèrent leur crime lors du jugement 3 les autres furent condamnés sur des preuves produites.
Quoique l'Angleterre entière connût la découverte du complot de Babington , cependant toutes les avenues auprès de la reine d'Ecosse étaient si sévèrement gardées qu'elle était dans une ignorance complète à cet égard. Ce fut pour elle une grande surprise lorsque sir Thomas Georges , par l'ordre d'Elisabeth , lui annonça que tous les complices étaient découverts et arrêtés. Il lui apprit cette nouvelle au moment où elle montait à cheval pour aller à la chasse. On ne lui permit pas de retourner dans le lieu qu'elle habitait, mais on L conduisit au château de Foîheringay , dans le Northampton , où elle devait être jugée. Ses deux secrétaires Naw et Curie furent aussitôt arrêtés, tous ses papiers furent saisis et envoyés au conseil. On découvrit six différentes alphabets de chif-
20 EXPOSÉ
1 I CS J on trouva aussi différentes lettres , soit de personnes . du dehors, soit de gentilshommes du royaume.
On résolut de juger Marie, non par le statut ordinaire de trahison, mais par l'acte qui avait ëtë passé l'année précédente, dans la pensée d'un tel événement : la reine, aux termes de cet acte, nomma une commission composée de cinquante personnes, et leur donna pleins pouvoirs de juger et condamner Marie, qu'elle qualifiait du nom de ci-devant reine d'Ecosse et héritière de Jacques v d'Ecosse.
Le récit de ce grand procès nous a paru de nature à intéresser vivement nos lecteurs. Nous le donnons ici tel qu'il a été transmis par les auteurs contemporains.
PROCÈS DE MARIE STUART