‹ Barrême, arithméticien et poète [microform]Chapitre 2 sur 7 · SONNET DEDICATOIRE · texte numérisé non relu

SONNET DEDICATOIRE

A l'un des confidents du plus grand Roy du monde A cet heureux guerrier qui, dans le champ d'honneur, A servy son monarque avec tant de valeur, Qu'il s'est fait admirer sur la terre et sur l'onde,

A celui qui méprise et la fraude et la fronde, A cet argus royal qui fait tout son bonheur, De veiller sur son maître et pour son bienfaiteur Mais d'une vigilance à nulle autre seconde,

A cet homme de cour qu'on dit être sans fard Qui prépare en triomphe un miracle de l'art Et qui donne à son Roy le portrait de parade,

A luy je dois offrir ce cahier curieux

Parce que le seul nom du duc de la Feuillade

Le peut mettre à couvert contre mes envieux.

Le second sonnet laisse deviner la qualité de son auteur, c'est le Sonnet de r aritmeticien :

Estre le successeur du Juste Louis n Rendre heureux ses sujets par ses nobles soucis Moissonner des lauriers même en estant ass — 6 Hériter la valeur du grand Roy de la Fraize,

Parmy les Souverains valoir autant que 16 Battre ses ennemis jusqu'à je me dédits D'un Versailles terrestre en faire un para 10 Et de la Foudre en main en soutenir la thèse,

Se faire craindre au Turc qui règne au Pont Euss 5 *

Voir un duc de Bourgogne à M. le Daufin, Couper le nœud gordien d'une alliance à 4,

De ce grand coup d'Estat l'Europe en a veu 3

Et de ces vérités qu'on ne saurait combatre

J'en ai fait le portrait du plus puissant des Rois.

Puis ce sont des jeux d'esprit, comme le Pour et le Contre^ qui expriment deux sens contradictoires suivant la façon dont on les lit :

C'est être homme de bien D'haïr l'or et l'argent

D'aimer l'argent et l'or On n'est pas raisonnable

Qui ne l'estima rien Se peut dire admirable

Il se fait un grand tor Qui va le ménageant.

II y a douze strophes du même genre.

Les anagrammes paraissent avoir pour Barrêine un charme tout particulier. Du nom et des qualifications de ses divers protecteurs, il cherche à

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