‹ BaryeChapitre 16 sur 21 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

N'ayant pu aller à Barbizon, je vous serais infiniment obligé si vous vouliez louer en mon nom le local dont vous m'avez parlé, composé de deux pièces et d’une petite cuisine, au prix de cent soixante-quinze francs pour l’année, à partir du re février 1867.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Et puis, là-bas, en même temps que la forêt, il retrouvait de bonnes et vieilles amitiés, Rousseau, Millet, Diaz, Decamps et aussi Daumier qui y faisait de courtes apparitions du samedi au lundi. Ces jours-là, on dînait en commun. Dîner simple, mais de quelle cordialité ! Le samedi soir, c'était Rousseau qui recevait. « Daumier, raconte A. Sensier, était en verve rabelaisienne, Barye pétillait de sarcasmes et d’histoires mordantes sur les pédants et les prud'hommes. » C'est que le passé revenait et, avec lui, les amertumes subies : « Mes contemporains, en me reléguant chez les bêtes pour se débarrasser de moi, se sont mis au-dessous d’elles » disait-il, narquois.

Pour occuper les veilles, voilà que Théodore Rousseau avait l’idée de constituer un recueil unique de fables de La Fontaine, «le plus grand paysagiste des poètes », disait-1l. Un ami, Martin Etcheverry, quiétait poète et avait une belle

écriture, calligraphierait le texte, tandis que chacun des

peintres du groupe interpréterait quelques fables. Barye pour sa part avait à illustrer les Animaux malades de la peste,

Page 1