PARU
BA ROY E 19 croyez-vous qu'il ressemble en rien à ces lions qu’on nous fait classiquement depuis une huitaine d'années, et qui, sous de lourdes crinières, ont le malheur de ressembler à des baïllis d’opéra-comique ? »
En même temps que le puissant Lion, que le Cheval renversé par un lion où l’épouvante romantique atteint le paroxysme, les Ours, l'Eléphant d'Asie qui, foulant méthodiquement le sol, « marche et ne court pas », tous morceaux parfaits, voici d’autres groupes où intervient la figure humaine et qui révèlent la souplesse et l'étendue du savoir de Barye. La tenue, les gestes crient la vérité, suggèrent le mouvement dans ce qu’il a de plus noble, de plus émouvant. C’est le Cavalier du XVe siècle, le Charles VI dans la forêt du Mans, où l’effroi se marque et dans l'attitude du prince renversé en arrière dans un sentiment de terreur vraie, et dans le recul de la bête surprise et trébuchante. Bref « l’homme et le cheval sont d’une perfection et d’une pose qui n'indique pas la copie froide d’un modèle, mais la sagacité d’un profond observateur 1 ». « C’est bien là, observe Émile Lamé, un de ces chevaux tenant à la fois du cheval de brasseur et du cheval héroïque dont on cultivait avec soin l'espèce au temps des grands coups de lance et des armures de fer. » Et puis, il y a l’expressif buste du duc d'Orléans ! « qui lui fut peut-être donné par mégarde, au milieu des ouvrages considérables qui pleuvaient sur les médiocrités favorites de messieurs des beaux-arts ?. »
A la clôture de l'Exposition, Barye pouvait jouir de l’illusion d’être en belle situation : son nom était réputé, ses œuvres admirées, 1l recevait la croix de la Légion d’honneur et on parlait de lui confier d'importantes commandes : par exemple, de doter d’un couronnement l’Arc-de-Triomphe de l'Étoile, — qui aurait reçu un aigle colossal en bronze,
r et 2. Laviron et Galbaccio : Salon de 1833.