‹ Bas-Niger, Bénoué DahomeyChapitre 4 sur 25 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

de lutter avec leurs adversaires qui en avaient un do trentecinq millions.

Nous verrons ce qu'il aurait fallu faire pour soutenir la lutte, si Ton avait écouté la voix de notre directeur, M. Auguste Desprez, et les raisons patriotiques de notre président du Conseil d'administration, M. Henri Desprez, ancien élève de TEcole polytechnique, qui coimaissait à merveille notre situation et dont le i)atriotisnie a constamment guidé les actes.

Au Ministère des Affaires étrangères, où j'avais été prendre des instructions, on m'avait répondu : « Allez, voyez, faites comme les Anglais; le vice-consul de Sierra- Leone vous donnera des renseignements, tenez-vous en relations avec lui. »

Le Ministère de l'Instruction publique me chargea d'une mission gratuite; mais, j'avoue que, excepté mes Rapports, les quelques objets d'ethnographie que j'ai offerts au Musée du ïrocadéro et les singes dont j'ai fait présent au Muséum d'histoire naturelle de Paris, voilà tout ce que les circonstances m'ont permis de faire.

D'un autre côté, vu ma position d'officier en activité, vu mes fonctions d'agent général d'une Compagnie commerciale et aussi ma qualité d'agent consulaire, j'ai dû me montrer très sobre de correspondances, à l'égard de la Société de géographie de Paris et de la Société de géographie commerciale.

J'ai eu la grande douleur de perdre sept compagnons, jeunes, instruits, pleins de patriotisme et d'entrain; parmi eux, je dois compter mon malheureux neveu, ùgé de vingt et un ans, qui avait voulu me suivre en qualité de secrétaire général.

Dans la suite, je parlerai du reste de ces très braves, ({ui ont péri en me prêtant leur concours. Je dis très braves, car je pense qu'il y a plus d'un champ de bataille. Mourir victime de la défense de son pays, mourir pour la science, ou mourir, comme nos missionnaires, martyrs de la foi, c'est toujours mourir glorieusement.

Jo n\ml»liorai pas nt»n plus ceux tic nos rares camarailes, tiui survivent à noseoiuiui'^noiis iufortauês; jeles roiiicrcie du eouiMuu's tju'ils m'ont prOté. Leur patriotisme, leur eourajîeet leur honnêteté, seront mentionnés dans cet cuvray:e.

Je n'ai pas tuililiê les larnu*s amères tpfils ont versées quand niitre ilra|»oau, qui, le piuMuier, avait été arboré à Ibi, dut s'abaisser devant le pavillon In-itannique.

Je ne dirai cependant |»as trop île mal des An^Mais, ims terribles concurrents, ipii mms ont vaincus, sur le terrain conuui'ri'ial, auipiel est rivée la question politiipie : il en sera toujours ainsi avec eux.

Il nous faut. mal^^MV tout, reconnaitre leur enviable balii- Iclé dans les alVain^s, leur profond patriotisme et leui* aveugle conliance ilans leur lîouvernement, «[uî, «lu rote, lessvuilienl toujours et les ^uide avec une très ^Mando S"!:icitude. l'est d'ailleurs cet a[»pui certain, iuinuiabîc. q ii ili>nne aux oiViciers. aux consuls, aux missimmairis. a::x conuuiMvants, cette lar^^e enver^rure dans les alîalros. I!s fouvlent acluellement, a\ec le conc-'urs dos capitaux îVancais, que nous n'avons pas su ou voulu e!iq»!oyer, un va<:e onq^ire dans le Svuidan. C'est, de tou:;- TAiVique •■eii'.ia'.e. le pays le plus r:ciie et le plus lacil-'inent ex['!oi:a:«!e. à cau<e «les -;ran^les iV'Ules tUiviales «i: M^i.r e: de !a Hvu^KU^ d'.'i;: ils se si-iu euq>aies, tri s ît.iLlij^eLiîL.ti.:. [-a:* les e!;rL'-»L:cuures et u>.'îi [nv: [c><^:-diK\:>, ■; ':i::i*e î1'.':.> uv-. :.s toujours eiieivhe à le urre. lis a.i:».':;: 'e ^raiii î..^î'!:e. d'av..i;r. seiL>. ['Orie .a eiv;;;s;i:.o!i a-.: ..■ c.;.' .!»:• l'AfK-; :e ; seuis. Ls au!\'-î: îa ^ci'.-ire d'aueant'r ''es..\a.'a-;' -iaris >::i projre l-ereea-i o: .iVx:'!o-:e:':i !e.ii- ; :v:::. ui:è [■!.:> ^ia:i :e

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disons respectueusement aux ofTiciers de l'armée de terre : Aimons l'expansion coloniale de la France, c'est la grandeur et la prospérité de la Patrie ; songeons que les nations ne [HBuvent pas vivre éternellement sous les armes avec des Imdgets effrayants; il arrivera un moment où le droit n'aura le i»lus souvent rien à craindre de la force, il vivra de sa force propre, et s'imposera au respect des juges qui se substitueront bientôt au canoTi et à la poudre sans fumée. Je ne dis pas que nous soyons à la veille de voir la suppression des armées permanentes, k laquelle nous ne croyons pas, mais on arrivera certainement à de considérables réductions d'effectifs et alors, nous serons bien heureux de trouver des débouchés dans l'industrie, l'agriculture et le commerce.

Nous dirons aussi aux commerçants, aux industriels et aux capitalistes: Constituez de puissantes compagnies avec des chartes gouvernementales, à l'instar des Anglais et des Allemands ; demandez au Gouvernement de gi'andes concessions de terrain avec des immunités, et allez sur les cotes d'Afrique, au Tonkin, à la Guyane, i)arlout enfin où le sol renferme des richesses, et exploitez-les. Il n'est |)as exact de dire ([ue les Français ne sont pas colonisateurs; ce qui leur manque, c'est la direction et les encouragements.

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