Vit. Basil., ch. lxxiv, p
3. Un autre exemple des richesses incroyables jquc pou\aienl posséder les grands seigneurs, indépendants sur leurs terres, est cekii de l'Empereur Basile II. Cf. Schlumberger. Epopée Byzantine, i, 3io.
i. Vit. Basil., ch. lxx\ii, p. 336.
QO BASILE I
libres qui via aient sur leurs terres et à accaparer leurs biens et leurs personnes quand ils ne pouvaient payer les redevances convenues. De ce fait, naturellement, les plus criants abus naissaient à l'envi et l'impôt ne pouvait plus rentrer au trésor qui s'appauvrissait de jour en jour. Basile songea donc, comme le tirent ses prédécesseurs et le feront ses successeurs, à régler cette situation. Seulement, chose remarquable, il ne paraît pas en avoir voulu à Torganisation même de la féodalité. Nous ignorons, en vérité, s'il tint, une fois Empereur, sa parole de jeune homme : de donner à Daniélis la pleine possession des terres sur lesquelles elle habitait ^ ; mais en tous cas, il demeura toujours en termes non équivoques avec cette noble matrone qui lui céda, en bien propre, nombre de grandes propriétés"-. Lui-même semble, du reste, s'être assimilé parfois aux seigneurs féodaux et avoir agi comme eux tous. C'est ainsi, par exemple, qu'il décida que dorénavant les palais impériaux auraient leurs domaines et revenus propres, fruit de l'agriculture et qu'ils devraient sufQre à l'entretien de la table et des bâtiments impériaux*^. C'étaient donc des terres avec leurs habitants que Basile incorporait à chaque nouvelle résidence qu'il construisait ou réparait et cela pour couvrir les frais généraux qui en résultaient. Sans doute, en publiant cette ordonnance, l'Empereur entendait alléger les impôts qui, de ce chef, pesaient sur les paysans et les pauvres ^ ; sans doute encore il dut acquérir régidièrement ces domaines, s'il ne les possédait déjà. Cependant, le fait seul d'agir de la sorte ne couvre-t-il pas les pratiques, moins légales quant aux moyens, identiques quant aux résultats, des maisons féodales? Dans un cas comme dans l'autre, c'est toujours le grand seigneur qui augmente ses territoires aux dépens de la petite propriété. Aussi, le projet de Basile dans ses réformes financières et judiciaires, ne va-t-il nullement à combattre la classe des « ojvaTO'l » mais seulement, et par détour, quelques-unes de leurs pratiques d'accaparement. Ce qu'il voulut simplement, c'est protéger le pauvre contre le riche, le faible contre le puissant afin que l'injustice ne se puisse plus commettre. Cette façon de faire