‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 137 sur 409 · I. Mt. Basil., ch. xxxi, 37I · texte numérisé non relu

I. Mt. Basil., ch. xxxi, 37I

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faussé et mal réparc, il devin l à la longue tout à fait inutile. On le jeta au rebut. Or. c'est à remettre en usage cet inslrument que Basile s'appliqua avec un véritable talent de maître-ouvrier. Bien des causes avaient contribué, non pas à l'abrogation, mais à la désuétude des lois établies par Justinien. D'abord elles avaient été écrites en latin, et, depuis longtemps, personne ne savait plus cette langue. Le grec, toujours parlé dans le peuple, le fut bientôt, dès le vr siècle, presque exclusivement dans les classes instruites, ce qui obligea les juristes à composer, soit sous la .surveillance des Empereurs, soit de leur autorité privée et pour leur usage personnel, de nombreux manuels, (( enchiridia », qui forcément prirent peu à peu le pas sur les livres juridiques. Ceux-ci avaient de plus un grave défaut, ils étaient trop nombreux, trop volumineux, et coûtaient par conséquent fort clier. Sans doute, Justinien, par les Institutes, cherclia déjà à remédier à ce mal. mais il n'en restait pas moins, d'une part, que les Institutes étaient écrites en latin et, de l'autre, qu'elles furent ])ientot insuffisantes. Les commentaires, les gloses, les versions remplacèrent donc, dans la pratique. Digeste. Code. Institutes et ce fut sur les travaux de seconde main, traductions médiocres et parfois mal comprises, des livres juridiques de Justinien. que reposa, en partie, du vi"' siècle finissant au ix*^ toute la science des juges et tout le droit byzantin.

Mais, par la force des choses, un grand Etat ne vit pas trois siècles durant sans voir surgir en son sein de nouvelles questions qui, autrefois, ne s'étaient point posées et qu'il faut, à un moment donné, résoudre à tout prix et souvent dans le })lus bref délai ; il ne se perpétue pas non plus, et surtout avec une législation aussi défectueuse, sans qu'à tout instant l'autorité ne soit obligée d'intervenir pour légiférer sur un point ou sur un autre, fixer une coutume ou réprimer un abus. Ces actes successifs des Empereurs, en venant faire corps avec la législation existante, ne pouvaient manquer d'ajouter encore au trouble et à la perturbation premièie. On eut ainsi deux lois : l'une ancienne, fixe, mais incomprise ; l'autre. nou\elle et se renou>elanl sans cesse. Il fallait savoir concilier l'inie et l'autre, chose en vérité singulièrement délicate et difficile. Aussi, malgré les eftbrts des Empereurs iconoclastes, malgré le recueil de Léon l'Isaurien connu sous le nom d'« Ecloga », la jurisprudence était-elle à la merci des intei'prélations souvent divergentes des juristes qui

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