‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 142 sur 409 · l'est là l'opinion de Mortreuil · texte numérisé non relu

l'est là l'opinion de Mortreuil

l.SG BASILE I

là une simple anticipation de langage? Les auteurs ont pu, en rédigeant l'Epanagoge qui devait servir d'introduction à leur travail , dire qu'il était promulgué puisqu'il allait Têtre et que l'Epanagoge en était le couronnement. Il ne s'en suit pas qu'il l'ait été. Cette hypothèse est d'autant plus plausible, ce semble, que tout ceci se passait vers la fin du règne de Basile. L'Empereur, en mourant, léguait son œuvre à son fils qui la voulut continuer. Le Prochiron. déjà officiellement promulgué, conserva son autorité tandis que l'Anakatliarsis et l'Epanagoge passèrent à titre de documents — servirent peut-être même de base — dans l'édition définitive que nous connaissons sous le titre des Basiliques.

Telle est la grande œuvre législalise de Basile L'. D'un clair regard, en arrivant au pouvoir, il aperçut l'efFroyable chaos au milieu duquel se traînait péniblemeni la justice de l'Empire incapable parla d'accomplir sa grande et civilisatrice mission. Résolument. Basile se mit au travail et un peu avec les illusions qu'auront plus tard les philosophes du wni*^ siècle, il s'imagina qu'en réformant la législation il transformerait les mœurs et la société alors que c'est peut-être le contraire ([ui est proche de la vérité. Quoiqu'il en soit, Justinien lui apparut comme le modèle qu'il devait suivre et c'est à l'imiter qu'il s'appliqua courageusement en revisant la législation alors en usage. Par l'essor ({u'il donna aux étude's de droit, par les travaux juridiques cpiil entreprit, il essaya de remettre en honneur le vieux droit d'autrefois et il y réussit. Grâce à son influence, une nouvelle ère se leva pour l'Empire, une brillante renaissance commença à se manifester dans les lettres et dans les arts et si, finalement, lanivre de Basile n'eut pas tout le succès qu'il aurait été en droit d'en attendre, si les transformations profondes qu'il put rêver dans l'ordre politique et social, ne se produisirent pas. il est bien probable, cependant, que ses efforts amenèrent, passagèrement, une amélioration sensible dont bénéficièrent surtout les classes laborieuses de l'Etat. Par là seul, ce semble. Basile P' mérite donc d'être placé au premier rang parmi les grands souverains.

Il I KMPTRE TJYZVNTIN 107

V la tète do radmiiiislralioji jiulioiaire se tiouve l'Empereur, incarnation vivante du droit et de la loi. Jnger est sa fonction première et essentielle, faire observer les ordonnances de l'Etat est son inprescriptible devoir, car o de même que nous ne pouvons vivre si nous ne respirons, de même aussi nous ne pouvons être sauvés et nous bien porter — z\j slva». — si la loi ne nous aide et ne nous guidée » Or, l'Empereur, seul, est assez haut placé sur Téchelle des êtres pour remplir ce sacerdoce. Choisi par Dieu et marqué de son sceau divin, il est sur terre son lieutenant, son représentant. Il doit donc, comme Dieu, gouverner le monde avec justice et bonté. Tache écrasante assurément, qui demande autre chose qu'une vulgaire nature d'homme et que jamais un souverain ne pourrait par lui-même accomplir s'il n'avait, pour le soutenir et l'éclairer, force et lumière en abondance. Cette force et cette lumière, il la possède d'abord par l'orthodoxie qu'il doit défendre et pratiquer-, et sans laquelle il n'aurait aucune autorité^ : il la possède aussi par la tradition orale et écrite dont il est le dépositaire. Car ce n'est pas en avevigle qu'il juge. Son office, en effet, consiste à défendre et à conserver tout ce qui est enseigné dans la Sainte Ecriture, tout ce qui a été défini par les u Sept saints Synodes o, enfin les lois romaines*. Et lorsque, à propos de ces dernières, une discussion s'élève, c'est à lui, l'Empereur, ([ue revient le droit d'interpréter la loi, non pas certes arbitrairement, mais en tenant compte des coutumes de la ville ou de l'éparchie"'. En fait, c'est surtout cette interprétation de la loi qui est la principale prérogative de l'Empereur. Sauf pour certains cas importants, comme le meurtre de hauts dignitaires de la cour, dont le jugement relève exclusivement de sa juridiction. l'Empereur ne juge pas directement : son tribunal est plutôt une cour d'appel ou

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