‹ Basile Ier, empereur de Byzance (867-886)Chapitre 158 sur 409 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l admimstration interieure de l empire. evenements diners

d'ordre intérieur.

Une révolution comme celle qu'avait suscitée à son profit Basile, ne pouvait pas n'avoir aucun sombre lendemain. Malgré l'évidente bonne volonté dont il fit preuve dès le premier jour, malgré ses efforts pour réparer le passé et améliorer l'avenir, l'Empereur traînait derrière lui ce terrible boulet qu'étaient les deux cadavres de Bardas et de Michel, Or, un peuple a beau mépriser et haïr un régime, il a beau appeler de ses vœux l'heure des suprêmes délivrances, lorsqu'il voit couler le sang, il est pris de dégoût et il se révolte : son sauveur même lui devient haïssable. Du reste, un gouvernement, si déshonoré qu'il puisse être, a forcément ses adulateurs, ses parasites, ses obligés et si toujours un certain nombre de ses partisans se trouve prêta accomplir toutes les palinodies, à opérer tous les ralliements, il en est d'autres qui, parce qu'ils ont eu à souffrir du nouvel état de choses, deviennent inévitablement, a leur tour, des révoltés. Basile n'échappa pas à cette loi. Bardas comptait beaucoup d'amis ; Michel, de nombreuses créatures qui lui devaient fortune, honneurs, fonctions. Sacrifiés par le nouveau règne, déçus dans leurs espérances, ceux-là ne manquèrent pas de s'insurger contre l'Empereur et de chercher à répéter pour quelqu'un des leurs l'immorale leçon qui venait de leur être donnée. C'est bien, au demeurant, ce qui explique, outre les conjurations dont nous allons parler, la double et très distincte tradition que se passèrent, d'un siècle à l'autre, les chroniqueurs et les historiens de Byzance. Les uns sont partisans de Basile et. à la suite de Constantin Porphyrogénète, louent à l'envi, sa sagesse, son illustration, sa grandeur et sa bonté ; les autres demeurent partisans de Michel et n'ont garde d'oubUer les crimes, les cruautés, les faiblesses, l'ignorance et la

basse origine de leur nouveau maître : histoire secrète qu'on se racontait sous le manteau de la cheminée et qui nous permet à dix siècles de distance de nous faire une idée à peu près exacte des origines de la maison macédonienne.

Ce sont là, en vérité, vengeances d'historiens qui ne durent pas beaucoup émouvoir Basile. S'il pouvait lui être désagréable d'entendre murmurer à ses oreilles l'histoire tragique des châtiments qui ne tardèrent pas à fondre sur ses amis, les meurtriers de Michel — on racontait, en effet, que Jacobitzès ayant un jour laissé tomber son épée à la chasse voulut descendre de cheval pour la ramasser, que son cheval prit peur et qu'embar rassé dans son étrier il fut traîné ainsi à travers vallées et précipices et écartelé ; que Jean Ghaldos, ayant comploté contre l'Empereur dans son thème de Chaldée, fut crucifié par le stra- .tilate André ; que des deux amis de l'Empereur, Asyléon et Marianos. l'un fut tué par ses serviteurs et l'autre mourut de la gangrène, etc. ^ — il dut se sentir plus directement atteint par les conspirations qui s'ourdirent contre lui.

A peine Bardas était-il mort et Basile empereur que les colères s'allumèrent contre lui. Basile, en effet, avait indignement trompé le gendre même de Bardas, Symbatios, en lui faisant croire que l'Empereur voulait le couronner César et que seul son beau-père mettait obstacle à sa fortune naissante. Il n'en fallut pas davantage pour décider Symbatios à donner son adhésion au projet que lui proposait Basile de faire assassiner Bardas. C'était là pour le Macédonien unte brillante recrue. "Symbatios était patrice et logothète du drôme et son exemple ne manqua pas, sans doute, d'amener à la conjuration un certain nombre de seigneurs toujours en quête de fonctions à remplir, de grades à posséder et dont, souvent, le meilleur espoir d'avenir était de découvrir par avance l'heureux successeur du Basileus régnant pour s'attachera lui. Aussi quand tout ce monde se vit berné et dut prêter hommage au nouvel Empereur, chacun put-il avoir quelque raison d'être parfaitement mécontent. Symbatios lui, première dupe d'un valet d'écurie, ne se contint plus. Il donna sa démission de logothète et demanda un commandement militaire. Le thème des Thracésiens lui fut tout de suite accordé et c'est là, qu'avec le stratège

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